‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 222 sur 269 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Après de nombreux discours qui portèrent sur toutes les faces de la question, le synode adopta l'amendement suivant de M. Décoppet : « Les églises qui, en l'an de grâce 4845 et dès lors, se sont formées et unies provisoirement dans le canton de Vaud, en vue de maintenir les droits de Christ sur son église, la pureté du ministère évangélique, la liberté religieuse et la saine doctrine, se constituent par le présent acte en une même église, sous le nom d'église évangélique libre. » L'article ainsi amendé devait être de nouveau modifié en second débat et rédigé comme il se trouve actuellement dans la constitution de l'église libre. M. Bauty, « pour qu'il n'y eût, dit-il, ni vainqueurs ni vaincus, » avait retiré son amendement. Le synode avait indiqué la filiation avec l'acte de la démission et M. Bauty y tenait beaucoup. Quant au terme de pureté du ministère évangélique, il le trouvait vague et impropre. Le gouvernement avait nié d'une manière formelle l'institution divine du ministère évangélique, mais, par une crainte excessive du cléricalisme, on n'osait pas relever ce point. M. Bauty, et d'autres avec lui, avait cru voir dans l'art. 1er du projet du congrégationalisme sous une forme mitigée et prudente. Or, en introduisant le congrégationalisme, on aurait ouvert la porte au séparatisme, à Yéglise des quelques-uns se donnant pour le peuple de Dieu au milieu d'une foule de profanes. Il y avait sans doute là un danger. Mais, sur le terrain de la pratique, et par son développement historique sous l'empire des circonstances, l'église libre devait prendre un caractère beaucoup plus presbytérien qu'on ne s'y serait attendu.

La seconde séance du synode (24 février) fut remplie par la discussion sur l'art. 2 du projet, renfermant la profession de foi de l'église. M. Chappuis défendit, avec beaucoup d'insistance, la rédaction proposée. Cependant le synode se montrait hési-

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tant. On faisait valoir contre l'article qu'il était insuffisant comme règle d'enseignement pour les pasteurs, et, tout en l'admettant pour les simples membres de l'église, quelques-uns voulaient un exposé dogmatique plus étendu pour régler la prédication dans l'église. On proposait donc de se rattacher, sous ce rapport, à la confession helvétique. C'était la pensée, entre autres, de M. de Meslral qui trouvait la confession de foi du projet latitudinaire et incomplète, et qui aurait honte, disaitil, d'appartenir à une église qui aurait un tel drapeau î M. Descombaz parla aussi très fortement en faveur de la confession helvétique, et M. Berthoud estimait que repousser celte confession après qu'elle avait été demandée, ne serait pas chose indifférente. D'autres membres du synode, comme M. Lochmann, déclaraient que la confession helvétique ne pouvait être celle de l'église, parce que la lecture de ce livre ne pouvait être imposée aux simples membres de l'église. M. H. Thomas, dont la foi personnelle était exprimée dans la confession helvétique, ne croyait pourtant pas que, dans la position actuelle, cette confession pût être introduite dans l'église comme règle d'enseignement; mais comme une telle règle était nécessaire, M. Thomas admettait une confession de foi sans autorité dogmatique et soumise à la Bible.

La commission, par l'organe de son rapporteur, N.Chappuis, rappelait que l'église se compose non des pasteurs, mais de tous ses membres; qu'une confession de foi étendue et savante, comme le symbole helvétique, ne pouvait être l'expression de la foi des membres de l'église; que cependant celle-ci ne peut exiger de ses pasteurs qu'ils lui enseignent autre chose que sa propre foi; qu'un symbole étendu et savant ne pouvant faire règle au nom de l'église, ferait règle au nom des pasteurs, et qu'on se trouvait organiser ainsi non une église mais un clergé.

Dans le même courant d'idées, M. Marquis parla fort bien. « L'article du projet est une œuvre de conciliation. Il faut se

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