CHAPITRE IV
crets, téméraires et grossiers, et lors même qu'il ne serait pas suivi d'injustes refus.
3° Que dans les cas où, au contraire, celui qui interroge connaîtrait des faits qui démentiraient la profession de foi vivante de la personne qui se présente, cela peut donner lieu à un examen des faits, sans tomber nécessairement dans un jugement téméraire du cœur; et qu'il y a tout aussi bien à distinguer entre un jugement des faits et un tel jugement du cœur, quand il s'agit de ne pas recevoir un pécheur scandaleux à la cène, que quand il s'agirait de l'exclure, selon votre projet, du catalogue ou de l'administration de l'église libre.
4° Comment savez-vous, chers frères, et pourquoi dites-vous dans le fragment cité ci-dessus, que quand les personnes qui frappent à la porte, c'est-à-dire demandent l'entrée, sont soumises à un examen de conscience, cet examen est souvent suivi d'injustes refus? quelle preuve ou certitude pouvez-vous avoir de la fréquence de ces cas d'injustice?
5° Comment, à plus forte raison, pouvez-vous, chers frères, savoir et affirmer, même dans les cas où il n'y a pas de refus, que cet examen est « toujours suivi de jugements indiscrets, téméraires et grossiers?» Vous n'indiquez pas même la possibilité d'une exception et vous accumulez dans cette phrase des suppositions à la fois gratuites et fâcheuses, en supposant toujours des jugements vicieux pour le fond et pour la forme.
Cette phrase du rapport imprimé que vous faites circuler n'énoncet-elle pas un jugement téméraire de votre part, par là même qu'elle suppose sans preuve de tels jugements chez vos frères?
Cette circonstance est du nombre de celles qui sont propres à nous faire douter qu'il convienne de prolonger cette lettre, en entrant dans l'examen de différences de vues qui existent entre vous et nous sur les principes de l'administration de l'église. Mais dans l'affection et la franchise fraternelle que nous vous devons, nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser de vous signaler l'allusion erronée et fâcheuse que renferme votre rapport au sujet de la marche ecclésiastique que nous suivons, tout en espérant que cette faute de votre part est plutôt d'inattention que de dénigrement. Nous espérons aussi que vous ne nuirez pas, en y persévérant, à la bénédiction qui peut, sous plusieurs rapports, accompagner vos travaux!
Agréez, chers frères, l'expression de nos sentiments d'affection fraternelle et de considération selon le Seigneur.
A. Rochat, ministre.
G.-L. Duplessis-Prevost.
Rolle, le 18 février 1847.
Le document qu'on vient de lire est intéressant à plus d'un titre, et nous sommes persuadé que les rédacteurs de Y Exposé des motifs lui accordèrent toute l'attention qu'il méritait. Peutêtre s'étaient-ils un peu avancés dans la condamnation qu'ils avaient prononcée sur le mode d'introduction dans les églises disciplinées, et, dans tous les cas, les expressions dont ils s'étaient servis étaient propres à affliger des frères aussi dignes de respect que les auteurs de la lettre de Rolle et M. Rochat en particulier.
Le synode n'eut pas de séances le 27 février ni le 1er mars; il ne les reprit que le mardi 2 mars. Les modifications apportées au projet de la commission n'avaient pas une grande importance et n'impliquaient point de principe général.
L'art. 9 : « Chaque église a son conseil, composé du pasteur ou des pasteurs, et d'un nombre d'anciens qui peut varier selon les besoins, » donna lieu à quelque débat. On voulait des anciens bibliques, mais on n'était pas absolument d'accord sur la nature même de l'anciennat. Nous ne saurions nous en étonner beaucoup : la question est encore à l'étude. M. S. Thomas rappelait que les anciens sont égaux entre eux. S'ils le sont, lui répondait M. Berthoad, pourquoi exige-t-on des pasteurs des conditions particulières? Les anciens de l'église apostolique étaient les évêques et il n'y avait dans les églises réformées pas d'autres anciens, dans le sens biblique, que les pasteurs. M. Décoppet était du même avis, mais il ajoutait qu'on pouvait donner le nom d'anciens à d'autres qu'aux pasteurs. M. Bauiy croyait que, d'après l'idée du projet, les anciens auraient bientôt tous les droits des pasteurs et de l'église. « Voulez-vous avoir des anciens bibliques? Priez Dieu de vous donner une effusion de son Saint-Esprit comme dans l'église primitive. Alors on avait des ministres sans études. Le Saint-Esprit pourvoyait à tout. » M. Bauty voulait donc qu'en attendant que le ministère