‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 228 sur 269 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Esprit suscitât des hommes capables de diriger, concurremment avec les docteurs, le troupeau de sa pâture. Les églises et les pasteurs comprendraient certainement ce langage!

L'art. 20 du projet établissait que l'imposition des mains n'aurait lieu qu'au moment où un ministre entrerait en fonctions. Cette disposition, conforme à l'ancien usage des églises réformées, et très importante en ce qu'elle coupait à la racine toute notion d'un caractère officiel inamissible et indépendant des fonctions actives, toute idée d'une caste ecclésiastique, fut amendé d'une manière vague par la substitution des mots « ministère actif de la Parole de Dieu, » à ceux de : entrée en fondions. Entendrait-on parla première rédaction les fonctions pastorales, ou la simple qualité de ministre, l'aptitude aux actes ecclésiastiques sans charge positive?

A l'art. 21, un amendement limita le choix des pasteurs par les églises à une liste de candidats au saint ministère dressée par le synode. C'était tirer une conséquence peut-être excessive du principe de l'unité presbytérienne. La pratique devait parer aux inconvénients que présentait une prescription aussi rigoureuse. Quant au mode même de nomination du pasteur, plusieurs systèmes se trouvaient en présence, mais la conciliation se fit sans trop de peine.

Une section qui devait offrir plus de difficulté, c'était celle de la discipline. Le synode s'en occupa dans sa huitième séance, le 5 mars. Les uns disaient que Christ ne nous avait laissé que des armes spirituelles; d'autres que si l'on voulait procéder à des exclusions, il fallait exclure de la cène; des troisièmes comprenaient cette exclusion comme se rapportant à la qualité de membre de l'assemblée générale, parce qu'il était impossible

de conserver la qualité de citoyens dans leglise à ceux qui la reniaient et déshonoraient leur profession par de grands scandales. Cependant les idées du projet furent adoptées, mais leur expression fut modifiée en ce sens que le mot d'exclusion fut écarté, soit en ce qui concernait les pécheurs scandaleux, soit en ce qui concernait les églises qui souffriraient dans leur sein de grands scandales, sans les réprimer, malgré les avertissements réitérés de l'autorité centrale. La commission avait prévu ce cas et statué que le synode pourrait exclure une telle église de l'association. L'assemblée jugea sagement qu'il valait mieux ne pas le prévoir, non plus que celui du scandale individuel, tout en laissant aux églises le droit de décider la question d'après la manière dont chacune comprendrait la Parole de Dieu sur ce point. Cette transaction était due à M. S. Thomas, qui l'avait soufflée à l'oreille de M. Bauty. Ce dernier se hâta d'en faire la motion, tout en faisant connaître l'origine de cette idée.

Ainsi se termina le premier débat sur le projet de constitution. Le synode s'ajourna au mercredi 10 mars.

M. Vinet, retenu chez lui par la maladie à laquelle il devait succomber, ne put assister aux séances du synode, mais il en suivit les délibérations avec un intérêt soutenu. C'est ainsi que, le premier débat à peine terminé, il fit insérer, le 7 mars, dans les colonnes de la Réformation, une Lettre à un membre du synode constituant de Véglise libre1. M. Vinet avait pris connaissance des articles votés par le synode et il sentait le besoin de faire connaître l'impression qu'il avait reçue de ce travail et les

1 LaRéformatîon au XIXe siècle, 1847, N° 10, 11 mars, la Lettre a été tirée à part à un petit nombre d'exemplaires. (Genève, Ramboz, 12 pag. in-8.)

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