‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 245 sur 269 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les préventions. C'est à l'activité personnelle de M. Germond que se rattache la fondation de l'église libre d'Echallens.

L'église ù'Etoy et Lussy, qui porta plus tard le nom de Lussy et Détiens, et qui, depuis 1865, n'existe plus comme église distincte mais s'est unie à celle de Morges, cette église, disonsnous, dut sa fondation à l'acte de la démission et au ministère de ses premiers pasteurs, MM. A. de Mestral et H. Martin.

L'église de Grandson n'est pas née d'une évangélisalion destinée intentionnellement à former des communautés indépendantes. Elle se lie donc, comme d'autres et directement, à la démission des pasteurs. Le ministère de l'excellent pasteur F. Décoppet y fut, à celte époque, en grande bénédiction.

La contrée des Granges de Sainte-Croix avait subi l'influence du Réveil, et des laïques avaient été à la tête de ce mouvement. Ce que nous aurons à dire de Sainte-Croix pourrait à bien des égards se dire déjà des Granges. Avant 1824, il y avait dans cette localité une tendance des âmes pieuses à se séparer de l'église nationale. Un laïque, M. Samuel Martin, des Grangettes, mériterait ici une mention particulière. C'est lui qui, s'étant mis à la tête du mouvement, servit puissamment la cause de l'Evangile. Les moraves avaient auparavant déjà exercé une bonne influence dans la contrée. A la démission, les éléments essentiels d'une église se trouvaient donc déjà tout préparés aux Granges de Sainte-Croix.

La fondation de l'église de la Sarraz est en relation directe avec l'acte de la démission. Il y avait eu sans doute auparavant, dans cette contrée, un travail préparatoire, et il ne faudrait pas oublier l'activité d'Alex. Chavannes, à Saint-Loup; cependant il ne semble pas que ce travail eût laissé des traces bien profondes ni bien étendues.

L'église de la Tour-de-Peilz a dû, par suite de pertes très sensibles, renoncer, il y a quelques années, à former une église distincte, et elle s'est jointe à celle de Vevey, dont le voisinage

est si rapproché. Avant la démission, il y avait à la Tour des dissidents, dont la plupart suivirent le culte de l'église libre, sans toutefois se rattacher à celte église.

Il serait presque superflu de faire ici une mention particulière de l'église de Lausanne, car l'histoire entière que nous venons de retracer a eu son centre au chef-lieu de notre canton et nos lecteurs sont parfaitement à même, croyons-nous, de se rendre compte des causes originelles de l'église libre de cette ville. Remarquons seulement, et ceci a de l'importance, que certaines questions relatives à la nature de l'église et aux rapports de celle-ci avec l'état devaient être traitées, dans une ville comme Lausanne, à un point de vue plus théorique, mais plus élevé aussi, que ce ne pouvait être généralement le cas dans le reste du canton. Il suffit de rappeler l'activité déployée dans ce domaine par Vinet. Lausanne devint aussi, de très bonne heure, le centre du Réveil. Or le Réveil, en faisant sentir la différence entre l'homme naturel et l'homme nouveau, fit, par une conséquence nécessaire, entrevoir celle qui existe entre l'église et l'état. La question d'église se posa même bientôt, et nous avons vu que les dissidents n'en furent pas seuls préoccupés. Les luttes mêmes soutenues en faveur de l'église nationale contre les tendances séparatistes, sont certainement un témoignage du travail qui se faisait dans les esprits. Yinet présenta ces questions d'église sous un jour nouveau; il les embrassa avec plus d'ampleur, les éleva très haut, et il est incontestable qu'à cet égard son influence sur la fondation de l'église libre et sur la marche qu'elle a suivie, a été très grande. Du reste, à Lausanne se trouvaient déjà réunis tous les matériaux nécessaires à la construction d'un édifice ecclésiastique nou-

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