‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 247 sur 269 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

et se gouverner elles-mêmes. L'église libre de Nyon n'a eu à passer par aucune souffrance qui aurait eu pour cause l'intolérance; jamais, à l'origine, ses cultes n'ont été violemment interrompus. Cette contrée s'est toujours distinguée par sa tranquillité. Nous ne rechercherons pas ici à quoi il faut attribuer cet état de choses à peu près exceptionnel dans notre canton.

Ollon elBex n'étaient pas représentées au synode constituant. Ces deux églises paraissent réunies au premier synode. Bex n'était pas encore constitué en église distincte. Nos lecteurs connaissent déjà, par de nombreux détails antérieurs, combien la plaine du Rhône avait été travaillée par le Réveil. Cependant, si de nombreuses réunions particulières s'étaient tenues autrefois à Ollon, par exemple, c'est à la démission que l'église de ce lieu a dû sa naissance. A Bex, le Réveil s'était fait sentir très fortement et avait amené de violentes persécutions. On put dès lors y remarquer deux tendances dans le Réveil : la tendance dissidente et celle qui demeurait fidèle à l'église nationale. Après la révocation de la loi du 20 mai, on parla ouvertement de liberté religieuse et on la prit sans beaucoup d'opposition. Le pasteur Vallouy exerça à Bex un ministère béni, mais trop court. Son successeur continua son œuvre jusqu'en 1845, et prépara ainsi les voies à une église libre.

Nous ne nous étendrons pas beaucoup sur les origines de l'église d'Orbe, parce que nos lecteurs peuvent conclure du mouvement antérieur qui s'était accompli dans cette ville qu'une église y trouverait des éléments tout préparés. Le ministère des sufîragants Fivaz et C.-F. Recordon avait porté des fruits, mais dans un sens plutôt dissident. Plus tard, vinrent les sufîragants Malherbe et J. Centurier. En 1844, le véritable foyer du petit réveil qui se produisait était Yoraloire établi par la société laïque. Mais celte œuvre fut brusquement interrompue par les événements de 1845, et l'oratoire fut fermé. Ce n'en fut pas moins là le véritable berceau, ou du moins le précurseur

de l'église libre. Le pasteur H. Thomas, arrivé à Orbe en avril 1845, ouvrit des réunions particulières d'édification et les continua après avoir donné sa démission. Dès lors, les cultes indépendants ne cessèrent pas, et, dans le courant de l'été, l'église libre se constitua, en réunissant dans son sein des éléments qui lui étaient ainsi venus de divers côtés.

L'église (Y Ormoni-dessîis avait été préparée d'avance par le ministère, dans cette vallée, de M. le pasteur Descombaz, de 1828 à 1834, et par celui de son successeur, M. H. Hostache.

La contrée (Y Oron fut particulièrement bénie à l'époque du Réveil. Là se succédèrent les pasteurs Vallouy, à Palézieux (1824-1830), Paul Monneron, à Oron (1822-1833), Verrey, à Maracon (1823-1830). Dès 1828, il y avait à Oron une église dissidente, et, en outre, une association évangélique entre chrétiens de diverses tendances. Les détails circonstanciés que nous avons donnés dans le cours de cette histoire sur cette contrée nous dispensent d'en dire davantage ici. La démission provoqua la réunion en une église d'éléments qui n'attendaient qu'une occasion pour se grouper.

L'église de Payerne rattache également son existence au mouvement du Réveil, puis à la prédication des pasteurs Golliez, Savary, Fr. Fivaz et à la société évangélique fondée en 1837. En 1845 arriva à Payerne le pasteur Fr. Monnerat qui attira un grand concours d'auditeurs. C'est autour de lui que se réunit l'église libre à sa naissance.

L'église du Pays-d'en-haiU, appelée plus tard de Château-d'Œxy est un des fruits de la démission de 1845. Quatre des pasteurs officiels, sur cinq qui composaient le clergé de la vallée, donnèrent leur démission : MM. C. Morel et L. Leresche, à Châteaud'Œx, Greyloz, à l'Etivaz et Pilet, à Rougemont. La pensée première, ici comme dans la plupart des paroisses, n'avait pas été de constituer une église nouvelle. On y fut amené par la force des choses.

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