CHAPITRE V
C'est également la démission qui fut la cause occasionnelle de la fondation de l'église de Vuarrens-Essertines, actuellement connue sous le premier de ces noms.
L'église dite de la Plaine, à Yverdon, est sortie directement de l'église nationale de cette ville et s'est formée par les soins des sufïragants Pradez et J. Centurier. Bientôt elle fut desservie par M. le pasteur Bauty. L'église dite de Y Oratoire, qui eut pour premier pasteur M. S. Thomas, déjà alors prédicateur dans cette chapelle, s'est formée d'après des principes plus stricts et avec une tendance congrégationaliste prononcée. Yverdon, nous le savons, a été, dès l'époque du Réveil, un champ très cultivé. On se souvient des expériences tentées sur ce terrain par les lardonistes et par les irvingiens. V Oratoire répondait aux besoins de bien des âmes. En 1845, lorsque le conseil d'état interdit les réunions hors des temples, les adhérents de l'Oratoire persévérèrent à se réunir. L'année suivante, on dressa une liste, qui se couvrit de cent vingt signatures, pour former une église, et cela indépendamment de tout autre mouvement. Plus tard, des délégués de l'Oratoire se réunirent à ceux deMorges et de Sainte-Croix. Nous avons constaté la rumeur produite dans les églises libres en formation par ce pas, envisagé comme prématuré. Le résultat en fut plutôt heureux. La démission n'influa donc que faiblement, sinon pas du tout, sur la formation de l'église de l'Oratoire, à Yverdon.
L'église tfYvonand, qui est devenue l'église d'Yvonand-Chavannes et enfin de Chêne et Pâquier, rattache ses origines à la démission de 1845.
Quelques détails encore sur les églises qui n'étaient pas représentées directement au premier synode parce qu'elles n'étaient alors qu'à l'état de germes, et sur celles qui vinrent plus tard se joindre au faisceau général.
Nous ne revenons pas sur ce que nous avons dit de l'église de Bex. Celle de Corsier et Char donne date de l'époque de la démission. Celle de Donatyre, devenue plus tard l'église de
52 i LIVRE XIV.
Donatyre et Montet, et actuellement ù'Avenches et Montct, doit sa formation à l'activité bénie du pasteur Bippert. Avant 1845, il y avait dans cette contrée bien peu de personnes qu'on pût envisager comme converties. Ces personnes allaient à Corcelles, chez les dissidents, ou à Motiers, dans le Vully fribourgeois, entendre le pasteur Boisot. Romainmotier n'a jamais pu se constituer définitivement en église et forme actuellement encore un poste d'évangélisation de l'église libre.
A Cully, le mouvement religieux eut pour promoteur M. le pasteur Colomb. (1837-1839.) Les personnes pieuses se rendaient d'abord aux réunions libres de Lutry; mais, en 1844, Cully posséda un oratoire qui fut dévasté en mars 1845. Tel fut le point de départ de l'église libre de cette localité.
L'église de Lovatens est le fruit du ministère du pasteur Germond, relégué en 1848 dans sa commune d'origine par un arrêté du conseil d'état. Le Réveil avait fait sentir son influence dans ces contrées. Mais les personnes gagnées à l'Evangile étaient devenues dissidentes ou étaient demeurées dans l'église nationale. Le ministère de Rod. Mellet, à Lucens, eut son contrecoup à Lovatens qui n'eut jamais à souffrir de l'opposition et de l'intolérance. L'église de Granges s'est formée péniblement et malgré une incrédulité pratique fort répandue au milieu d'une population d'un caractère doux et bienveillant, mais lent. L'hostilité qui se manifesta assez vivement à Trey et à Villarzel, se fit moins sentir à Granges, devenu en revanche un centre important du plymouthisme. L'église de Granges, la plus jeune de toutes, date de 1861.
Quand il fut bien constaté que l'église évangélique libre du canton de Vaud était un fait et non plus seulement une théorie abstraite ou l'utopie de quelques esprits chimériques, les senti-