‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 41 sur 269 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des pasteurs et ministres résidant dans le pays. Nous ne donnerons ici qu'une analyse sommaire de cette pièce qui fut dans le temps abondamment répandue, et qui a été conservée dans le Précis de M. Baup

Après avoir rappelé qu'il y a d'autres réunions légales que celles qui sont destinées au culte public dans les temples, le mémoire conclut que la résolution du grand conseil « s'applique essentiellement aux réunions religieuses régulières qui ont lieu dans des salles qui leur sont spécialement destinées, et qui sont généralement connues sous le nom d'oratoires. » Mais il faut distinguer ces oratoires des assemblées dissidentes, qui sont dirigées par des ministres dissidents. « Ce sont eux (ms oratoires) que la résolution signale, et dont elle veut interdire la direction aux pasteurs. »

Mais une loi basée sur cette décision n'atteindra-t-elle effectivement que les oratoires? Cela est douteux. « Il suffira de quelques individus égarés par de mauvaises passions, pour provoquer des enquêtes contre le pasteur, et obliger peut-être l'autorité à appliquer, malgré elle, la loi de la manière la plus rigoureuse, et à en dépasser même le but primitif. » Or le droit d'un certain nombre d'entre les pasteurs de diriger des oratoires, implique le droit de tous et ce droit entraîne avec lui, selon qu'il est reconnu ou qu'il est nié, la liberté même du ministère évangélique assurée aux pasteurs par nos institutions ecclésiastiques. « Voilà ce qui explique l'émotion qui a parcouru, non seulement le clergé tout entier, mais avec lui les paroisses et le pays. »

Les pasteurs combattent la résolution législative par le but même et les motifs qui l'ont dictée. On veut, par ce moyen-là, « dessiner plus nettement la position de l'église nationale en face des églises particulières, et lui donner plus de force. » Sur

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ce point, s'il y a accord entre les pasteurs et le grand conseil, il y a désaccord sur les moyens. « Vous pensez, disent les pasteurs aux législateurs, que le bien de l'église exige que l'actitivité des pasteurs soit restreinte; nous pensons, au contraire, qu'il faudrait pouvoir la multiplier, et qu'il serait dangereux, en particulier, d'interdire les réunions qui sont en cause. » Les réunions hors des temples et dans les oratoires nationaux ont été utiles à l'église, elles contribuent à son affermissement en servant à sa défense. Pour le prouver, le mémoire entre ici dans quelques détails d'histoire locale en remontant jusqu'à la loi de 1824, et il démontre que plusieurs de ceux qui auraient cherché auprès des dissidents le culte que leur offre les oratoires, se sont rattachés à l'église nationale avec plus de force, tout en étant assidus au culte des oratoires. Les pasteurs ont été, à la vérité, chargés de fonctions plus nombreuses et plus pénibles, mais ils ne s'en sont pas plaints.

Survint la révolution de février, suivie de manifestations hostiles aux oratoires nationaux. Les pasteurs ont désiré être appuyés dans leur liberté d'action par le gouvernement. De là, la pétition adressée au grand conseil par deux cent sept pasteurs et ministres. Mais le grand conseil ne paraît pas être disposé à accueillir ce vœu. Cependant si une église séparée peut être très exclusive quant à la forme du culte, une église nationale ne le peut pas, « il faut qu'elle varie ses formes pour se prêter aux exigences des âmes pieuses. » — « Si, dans le canton de Vaud, on avait bien saisi, dès l'origine, la manière dont la dissidence devait être combattue, celle-ci ne serait pas parvenue à s'y établir comme elle l'a fait. Elle pourrait promptement, si l'on restreint l'activité des pasteurs, y faire de nombreux disciples, et cela plus facilement qu'ailleurs.... Nous redoutons tous ce malheur; nous le redoutons pour l'église et pour l'état. Leur union les rend solidaires; ce qui agile l'un, agile l'autre.... Que sera-ce si des centaines de dissidents se

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