‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 55 sur 269 · CHAPITRE VI Le procès intenté aux pasteurs par le gouvernement · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Le procès intenté aux pasteurs par le gouvernement

Le conseil d'état, juge et partie. — Il compromet les pasteurs devant les municipalités et le peuple. — Démission du pasteur Paul Monneron. — Les conclusions de la commission ecclésiastique. — Qu'y avait-il à faire? — La session extraordinaire du grand conseil et les pétitions contre les ministres non-liseurs. — Agitation à Aigle. — Assemblées dispersées. — Action du gouvernement. — Projets de réponse à la circulaire du 6 août. — L'oratoire de Lausanne et les pasteurs Descombaz, Bridel et Scholl. — Adresse de sympathie aux pasteurs de Lausanne. — Adresse des pasteurs accusés par le conseil d'état, à leurs paroissiens. — La consultation des avocats. — Position embarrassée du conseil d'état. — Le mandement du jeûne. — Lettre du pasteur F. Vulliet au conseil d'état. — Mesures arbitraires et despotiques de l'administration. — Les chaires des temples interdites aux ministres ne faisant pas partie du clergé vaudois. — Le préfet de Moudon et les pasteurs de cette ville. — Convocation des classes. — Délibérations et jugements. — Les pasteurs sont absous.

La lutte engagée entre l'autorité civile et le clergé auraitelle encore pu se terminer sans le déchirement qui y a mis fin? Il le semble. Les pasteurs qui avaient refusé de lire la proclamation s'estimaient dans leur droit, le conseil d'état les jugeait en faute. C'était la matière d'un procès disciplinaire, et la loi ecclésiastique y avait pourvu. Seulement, il aurait fallu que le gouvernement ne portât rien devant le public avant que le différend eût été vidé selon les formes légales. Mais le gouvernement avait clairement signifié, par sa circulaire du 6 août, que son opinion était faite, que son parti était pris et que la sentence était déjà implicitement prononcée.

A la veille du procès qui allait s'instruire, et dans lequel le conseil d'état serait à la fois juge et partie, n'aurait-il pas été du devoir de l'autorité, et dans les plus simples convenances, de ne pas laisser le rôle d'accusateur compromettre celui de

Page 1