CHAPITRE XXI
CXIX, 79.) « Je m'entoure de ceux qui te craignent et qui gardent tes commandements. » (Ps. CXIX, 63.) « Je célébrerai l'Eternel de tout mon cœur dans la compagnie des hommes droits et dans leur assemblée. » (Ps. CXI, 1.) « Que la parole de Christ habite abondamment en vous, avec toute sorte de sagesse, vous instruisant et vous exhortant les uns les autres, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant du fond de vos cœurs avec reconnaissance. » (Col. III, 16.) Voilà ce que dit la Parole de Dieu et même elle promet la présence du Seigneur aux deux ou trois qui seront assemblés en son nom. Mais si l'on applique la loi du 20 mai à l'église nationale, tous ces sentiments sont condamnés, cette communion d'esprit nous est interdite; elle frappe ceux qui se plaisent à se réunir et qui reviennent les uns auprès des autres dans des vues religieuses ; ceux qui cherchent à s'entourer de fidèles; ceux qui s'instruisent, qui s'exhortent, la Parole de Dieu en mains, qui chantent des psaumes, des hymnes, des cantiques; elle frappe le ministre qui vient y joindre sa voix, qui fait naître ces besoins spirituels ou qui y répond. Ensorte que la dite loi, appliquée à l'église nationale s'opposerait à son édification et porterait à enfreindre le commandement du Seigneur. c
10° Enfin si l'on applique cette loi, sous prétexte d'assemblées prohibées, rien ne peut nous garantir qu'elle ne soit appliquée sous prétexte de prosélytisme, et il n'est pas possible de prévoir toutes les entraves qui pourraient en résulter pour le ministère évangélique et toutes les aberrations auxquelles cela pourrait conduire.
Nous ajouterons l'observation, pour le fait qui concerne M. Vionnet en particulier, que sous prétexte que le culte allemand est supprimé dans telle ou telle paroisse, il ne peut être défendu d'édifier en maison privée et dans leur langue, ceux des paroissiens qui n'entendent pas le français. Car la confession de foi helvétique elle-même dit qu'il est permis de prier en particulier en quelque langue que ce soit ; « licet sanè privatim precari quavis lingua.» (Conf. /j£fa.,chap. 23.) Le pasteur ne doitil pas, autant qu'il est en son pouvoir, être utile à tous ceux que le Seigneur amène dans l'enceinte de son bercail? Faut-il que, de propos délibéré, et lorsqu'il peut en être autrement, il soit barbare pour ceux qui l'écoutent. (1 Cor. XIV, 11.)
On pourrait craindre, d'après les actes d'autorité susmentionnés, et d'autres encore, mais dont nous ne parlerons pas ici, soit parce qu'ils sont moins généralement connus, soit parce qu'ils ne concernent pas des impositionnaires, on pourrait craindre, disons-nous, que le gouver-
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nement ne tendît à réduire le ministère à une œuvre qui ne se fait qu'en chaire et en temps fixe; à une œuvre dans laquelle chacun de nous s'exposerait à son improbation, si, dans le but de procurer quelque édification à l'église, il profitait de la latitude que lui laissent les lois.
Cette opposition serait contraire aux maximes du synode de Berne, dont les actes portent : « qu'aucun magistrat ne doit maîtriser les consciences, ni publier des ordonnances pour des choses purement extérieures, par lesquelles on mettrait un joug sur les bonnes consciences et l'on bornerait le Saint-Esprit, l'empêchant de déployer toute son efficace. » (Actes du synode de Berne, pag. 13).
Il nous paraît donc évident que les libertés de l'église nationale et les droits du ministère ont été attaqués dans la personne des impositionnaires Vulliémoz et Vionnet. En conséquence, nous vous prions, Messieurs et très honorés frères, de recevoir à ce sujet nos réclamations, comme ceux à qui il appartient d'en juger en premier ressort, et de soutenir selon vos lumières et votre prudence, les attributions du ministre impositionnaire.
Nous ne doutons pas que votre attention ne soit déjà éveillée sur ces fai! s; mais nous croyons de notre devoir de manifester hautement que nous avons senti le coup qui a frappé une vocation qui nous est chère et par lequel seraient. entravés nos efforts pour l'avancement du règne de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
Veuillez agréer, Messieurs et très honorés frères, nos très humbles et très respectueuses salutations.
Henri Thomas, ministre; S1. Cornaz, suff.; signés par procuration: CL. Dumur, Ad. Bauty), atteste: S. Pilet-Joly; G. Roulet, min.; Alb. DuMt R, min.; Chatelanat, suff.; F. Bjppert, min. suff.; B. Dimont, Victor Mellet; L. Germond, past. suff.; A. Voruz, min.; Rodolphe Mellkt, ministre de Christ, àLucens; A. Chollet, station, à Lticens ; Ls. Keli.er, pasteur; Blanchet, suff.; Marquis, suff.; H..Hostache; El. Bertholet, suff.; Pilet, suff.; C. Roud, suff.; G. Jayet, ministre ; Ruchonnet, ministre; B. Creux, ministre; S. Pilet Joly; F. Crinsoz; Ls. Liîrksche, min.; E. Panchaud, suff.; L. Vulliemin ; Ch. Vulliemin, min.; Frs. Vullikt, min ; H.-L.-D1. Miéville, suff.; L. Gaudard, min.; Ls. Dubois, min.; S. Descombaz, min.; Bally, min.; R. Mestral; S.Thomas, -uff. ; Louis Warpelin ; Raiss, ministre; J.-H. Carrakd; Deloes, min. suffragant.