‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 122 sur 215 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Mouvement de réveil dans l'église nationale. — Oron et Paléùeux. — Opposition, plaintes dirigées contre les pasteurs. — Le pasteur Bauty. — Encore la conduite des pasteurs nationaux vis-à-vis des dissidents. — Divergences de vues.

Dans le sein de l'église nationale s'accomplissait un travail plus lent, peut-être, et dans tous les cas moins apparent, mais réel pourtant et dont certains faits nous fournissent la preuve. Il est vrai que lorsque nous parlons d'église nationale, c'est plutôt du clergé qu'il est question. Néanmoins, les paroisses nationales semblent prendre part, d'une manière plus ou moins générale, au mouvement de réveil dont le grand courant vivifie surtout encore la dissidence. « L'église de Jésus-Christ, s'écriait alors le pasteur Manuel, dans la réunion de la société des missions, est maintenant, si l'on peut ainsi parler, en pleine réparation ; on relève de tous côtés les parties du saint édifice qui étaient tombées en ruines et l'on commence même à ajouter de nouveaux corps de bâtiments aux premiers. » La contrée û'Oron et de Palézieux, en particulier, continue à être le foyer d'une action religieuse assez intense. « A Maracon et à la Rogive, écrivait, en date du 22 juillet 1828, le pasteur D. Verrey, sont descendues quelques gouttes de la rosée d'en haut1. » La proximité de la paroisse de Palézieux était pour beaucoup dans ce réveil. Aussi M. Verrey rend-il un beau témoignage à la fidélité, à la persévérance, à l'inaltérable douceur et à la charité

4 Correapondance fraternelle.

du pasteur Vallouy. La vie religieuse dans les diverses paroisses de ce cercle était si vraie et si développée, qu'au dire du pasteur dOron, M. P. Monneron, les fidèles des trois paroisses d'Oron, Palézieux, etc., exerçaient entre eux une excellente discipline. « Ils se reprennent, dit-il, censurent vigoureusement ceux qui ne marchent pas fidèlement et s'ils persistent dans une conduite équivoque, ils ne les reçoivent plus dans leurs réunions. Plusieurs faits ont prouvé combien ces frères avaient droilement jugé. » A ce propos, M. Monneron pensait qu'il faudrait engager les fidèles de toutes les paroisses à agir de même. Cela préparerait les voies à quelque chose de plus général.

Comme on peut le comprendre, ce mouvement de réveil ne satisfaisait pas tout le monde, et dans ces mêmes paroisses dont les pasteurs se montraient si heureux et reconnaissants, se manifestaient bien des oppositions. Comme toujours, ou presque toujours dans des cas pareils, celaient les autorités communales que l'on remarquait à la tête des mécontents. A la visite de l'église d'Oron, dix communes donnèrent de grands éloges aux deux pasteurs, mais la onzième, celle d'Oron la ville, représentée par le syndic L. Mellet, remit au juré un écrit signé par lui et relatif à certaines assemblées secrètes qui ne seraient pas suffisamment réprimées par ces pasteurs. Il en fut de même à Palézieux. Là, le syndic Demiéville présenta, au nom de la municipalité, un mémoire dans lequel, tout en donnant des éloges au pasteur, on se plaignait aussi des sociétés illégales qui devraient être réprimées et qui ne l'étaient pas. Les trois pasteurs incriminés, MM. P. Monneron, Verrey et Vallouy, présentèrent à la classe, à laquelle les plaintes avaient été adressées, des mémoires justificatifs, lesquels, suivant la décision de la

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