‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 166 sur 215 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

dont l'exécution fut suspendue un an après, grâce aux influences prépondérantes de l'absolutisme qui florissait alors partout en Europe. Deux ans plus tard, la loi fut de nouveau mise en vigueur, mais la censure se montra plus impitoyable que jamais.

Néanmoins, nous l'avons dit, la publicité faisait quelques progrès et l'apparition du Nouvelliste vaudois, en 1824-, était déjà un grand pas dans ce sens et un fait capital. Ce journal exerça immédiatement une très grande influence et poussa vigoureusement les esprits dans la voie de la publicité. En 4828. il inséra dans ses colonnes l'analyse de la discussion que la motion de M. S.Clavelavait provoquée au sein du grand conseil, et, en 1829, les comptes-rendus des séances de ce corps trouvèrent place à la fois dans le Nouvelliste et dans la Gazette de Lausanne. M. Monnard les communiquait au premier de ces journaux et M. Druey au second.

En 4825, et sous l'influence du Nouvelliste vaudois, deux partis politiques s'étaient formés dans le pays. Le premier, — le moins nombreux, — voulait la réforme électorale, le second, plus nombreux et dédaigneux, et que l'on appela la majorité compacte, — voulait le statu quo et repoussait toute idée de changement.

Les luttes que se livrèrent, soit dans le sein du grand conseil, soit dans les colonnes des journaux, les deux partis que nous venons de signaler, attirèrent peu à peu l'attention du pays sur l'objet en litige. En 4829, la question des changements à faire à la constitution et, en particulier, celle de la réforme électorale qui était descendue du grand conseil dans le peuple, remonta du peuple au grand conseil, sous la forme de pétitions. Dans la séance du 8 mai entre autres, il fut donné lecture de la première de ces pétitions. Elle était signée par 72 électeurs de Corsier,

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qui désiraient voir apporter quelques modifications à l'acte constitutionnel du canton. Les pétitionnaires voulaient laisser à leurs neveux une liberté pleine et entière et, pour cela, ils demandaient la réforme d'un système électoral qui pouvait ramener à l'oligarchie et qui établissait de droit une lutte entre les villes et les campagnes. — Ils demandaient donc: 1° qu'il fût pourvu par une loi à une lacune laissée dans la constitution sur le mode de procéder pour apporter des modifications à cette constitution ; °2e que la commission électorale fût abolie; 3° que la totalité des élections de ses représentants fût remise au peuple vaudois et que, si celui-ci n'était pas appelé à les nommer tous directement, le sort, comme auparavant, décidât entre les candidats élus par le peuple ; enfin que la durée du mandat des députés fût réduite au moins de moitié (six ans).

La discussion sur cette importante matière avait été fixée au 21 mai. Dans l'intervalle, d'autres pétitions, dans le même sens, arrivèrent sur le bureau du grand conseil. Elles venaient de Coppet, Nyon, Gingins, Saint-Prex, Morges, Aigle, Château-d'Œx, etc. , en tout 23, couvertes de plus de 4000 signatures. La discussion dura deux jours et une vingtaine d'orateurs se firent entendre. A la votation, quatre-vingt-sept voix contre cinquante-cinq maintinrent le conclusum de 4828. Toutefois l'édifice était ébranlé, et le gouvernement sentant fort bien que l'état des esprits exigeait impérieusement une satisfaction quelconque, proposa de lui-même quelques changements au système électoral. Mais ceci eut lieu seulement en 4830, et nous aurons bientôt à revenir sur ce fait important1.

Ce qui nous intéresse tout particulièrement dans ces débats essentiellement politiques, c'est la part que plusieurs orateurs

1 Voir J.-L.-B. Leresche: Biographie politique de Henri Druey. 1857.

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