‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 171 sur 215 · chapitre xxxni · texte numérisé non relu

chapitre xxxni

étaient à la réunion d'Ecoteaux, laquelle, du reste, n'était pas une réunion de sectaires, mais de membres de l'église nationale^ et, de plus, comme toutes les réunions mensuelles pour les missions, tolérée dans la localité, ainsi que partout ailleurs dans le canton. Vallouy estimait ces réunions fort bonnes; mais, par esprit de conciliation, il n'y allait pas. A ses yeux, les moyens employés jusqu'alors par le gouvernement, étaient les moins propres à ramener la paix et l'union. Les réponses de MM. Monneron et Verrey ressemblaient pour le fond à celle de M. Vallouy.

Le 30 juillet suivant, nouvelle lettre du doyen. Le conseil d'état blâme Vallouy d'approuver les assemblées en dehors du temple. Lors même que les pasteurs auraient raison, le conseil d'état verrait également avec peine leur approbation de ces réunions. 11 rappelle, à ce propos, l'interdiction faite en 1821 de la société des missions d'Yverdon. Les pasteurs Verrey, Monneron et Vallouy auraient dû s'efforcer d'empêcher les réunions. Aussi, le doyen annonce-t-il à Vallouy qu'il sera surveillé d'une manière spéciale.

Une circulaire du juge de paix du cercle d'Oron (11 août), vint terminer ce débat en annonçant que ce magistrat était chargé par le conseil d'état de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les assemblées de sectaires: persuasion, surveillance exacte et sage, fermeté, etc. — Selon M. le juge, il fallait encourager le culte et la dévotion dans l'intérieur des familles, mais prévenir les réunions toujours inutiles et souvent dangereuses dans un pays comme le nôtre1, etc.

C'était, on le voit, toujours la même argumentation, toujours les mêmes sophismes.

Archives du christianisme. 1829.

Dans un pareil état de choses, il était naturel que les pasteurs nationaux fidèles fussent toujours plus préoccupés des moyens de redonner à l'église dont ils étaient les conducteurs spirituels, quelque vie propre et quelque indépendance. Sur ces différents points, la Correspondance fraternelle continua à être l'écho fidèle des plaintes et des réclamations des pasteurs.

L'idée que la discipline ne saurait être appliquée convenablement à une église, si cette église n'est pas entièrement indépendante des autres églises ainsi que du pouvoir civil, se fait jour de plus en plus, et la conférence de la Vallée l'exprime même très nettement dans une lettre du 4 janvier 1829. — Elle tire de ce principe la conclusion que ceux qui désirent voir une telle discipline s'établir dans l'église, n'ont aucune demande à faire aux classes ni au gouvernement. — Les correspondants portent également, et toujours plus, leur attention sur l'idée même de l'église. La question se précise à mesure que les événements se déroulent, et, nombre de membres de la correspondance voient avec raison dans la préoccupation des questions ecclésiastiques, « une direction de Dieu qui les conduit à un but encore inaperçu ou peu aperçu du moins » Cependant, parce que l'organisation de l'église nationale est défectueuse, tous ne voient pas encore la nécessité de se séparer de cette église. A leurs yeux « les dissidents n'ont pas une doctrine plus pure, ni des sacrements plus saints; leur ordre extérieur, meilleur à quelques égards que celui de l'église nationale, n'est pas indubitablement évangélique de tout point, notamment sur l'excommunication et sur les anciens2. »

1 Lettre de S. Thomas. Grancy, 24 janvier. - Idem.

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