‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 19 sur 215 · chapitre m · texte numérisé non relu

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Mais à part ces exceptions et quelques autres encore que nous pourrons avoir à mentionner dans la suite, la loi du 20 mai poussa la magistrature judiciaire dans une voie d'intolérance parfois mesquine, souvent brutale ; dans une voie de tracasseries et d'inquisition. Elle habitua notre peuple à voir en elle un point d'appui qui lui permettait de se livrer sans retenue à sa haine contre une religion prise au sérieux et devenant la source d'une vie de sanctification. Les procès furent autant de spectacles auxquels on se rendait pour se divertir aux dépens des mômiers et des écoles où l'on apprenait à se railler des choses saintes en même temps que des faiblesses et, si l'on veut, des petitesses des chrétiens ! La loi du 20 mai devait également détourner les regards des magistrats chargés de l'appliquer du vrai point de fait, dans toute cause judiciaire, en leur présentant comme un délit, comme un attentat contre la société, un exercice tout naturel et parfaitement légitime de la liberté individuelle. Elle engageait donc l'esprit des juges à trouver tout simple que l'on tirât en cause des opinions ou des actes absolument étrangers à leur compétence et aux devoirs de leur charge. Les détails que nous avons donnés en les empruntant aux dossiers des cinq premiers procès jugés dans notre canton, viennent à l'appui de ce que nous disons là.

1 Un jour qu'il y avait procès religieux à Vevey, un homme de Corseaux, appelant l'un de ses voisins, lui disait: « Viens avec moi, il y a jugement. Nous irons voir juger ces mômiers! » Il en était de même partout ailleurs.

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