‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 20 sur 215 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Etat de la dissidence dans le canton; ses progrès. — Les idées dissidentes à leur origine. — Une lettre d'Alex. Chavannes. — Etroitesse de vues sur quelques points. — Position franche et nette sur la séparation de l'église et du monde.

Au point où nous en sommes de notre histoire, nous pouvons déjà nous rendre compte, dans une certaine mesure, de l état de la dissidence religieuse dans notre pays et des progrès que vient de faire le principe lui-même de la dissidence.

Avant la loi du 20 mai et l'ère des persécutions légales que cette loi inaugura, des réunions religieuses, tenues en dehors des temples et de l'action officielle de l'église, s'étaient établies en divers lieux, mais sans avoir encore aucune vue claire sur ce qu'elles étaient appelées à devenir et, on peut le dire, sans principe ecclésiastique à leur base. C'était simplement un état de fait, un état dont rien encore ne garantissait la fixité et la permanence. La dissidence, puisqu'il faut employer ce mot, se présente donc à l'origine comme un fait accidentel et involontaire. Les réunions religieuses, envisagées comme un acte de séparatisme, ne font d'abord simplement que proclamer, par leur existence même, la possibilité d'une activité religieuse, d'une vie d'église, en dehors des cadres officiels. L'avenir n'est point encore engagé.

Peu à peu, et grâce aux difficultés mêmes qui leur sont suscitées, ces assemblées sans caractère ecclésiastique et dont le but est purement religieux, prennent plus de consistance; elles s'habituent à exister et à vivre. La dissidence, proprement dite, d'abord simple séparation d'avec le corps actuel de l'église na-

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