‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 194 sur 215 · CHAPITRE I. o · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. o

qu'il appelait, si improprement, les méthodistes, ces derniers pouvaient légitimement renvoyer leur ancien maître à cette même confession helvétique pour laquelle il leur avait inspiré une si profonde vénération *. Ils étaient dans leur droit en repoussant cette épithète de nouvelle accollée à leur doctrine, car ce qui était nouveau, c'était l'abrégé du catéchisme d'Osterwald etl'enseignement que l'on devait en tirer.

La doctrine du réveil sur la régénération, la conversion, la justification, l'assurance du salut, la sanctification, était-elle conforme à celle des livres symboliques sur ces mêmes sujets ? La réponse à cette question découlerait naturellement d'une confrontation aussi exacte que possible des enseignements du réveil avec ceux des livres qui faisaient règle dans l'église vaudoise. L'exposition de nos recherches sur ce point serait ici hors de place et fatiguerait inutilement nos lecteurs. Mais, de cette exposition, résulterait pour tous, croyons-nous, la conviction que, dans ses traits généraux, la théologie du réveil a été la théologie des livres symboliques et que si, pour certaines doctrines, le réveil est remonté plus haut que la confession helvétique, toutefois, il n'y a pas eu, de sa part, appropriation absolue et complète de la théologie du seizième siècle.

Sans transcrire tout au long les déclarations des livres symboliques sur les doctrines que nous indiquons comme ayant été particulièrement relevées par le réveil, voici toutefois quelques indications à l'usage de ceux de nos lecteurs qui auraient le loisir et la volonté de se livrer à cette sorte de rapprochements. Dans la confession helvétique, nous leur signalons les chapitres

1 L'auteur de la confession helvétique est Henri Bullinger (1504-1575), de Bremgarten, en Argovie, — premier pasteur à Zurich après Zwingli. — En 1666, la plupart des villes évangéliques de la Suisse adoptèrent la confession rédigée par lui et qui peut être envisagée comme le grand symbole des églises réformées du XVIe siècle. La traduction de 1760, faite par le pasteur Bertrand et sur l'ordre de Leurs Excellences de Berne, pour l'usage du pays romand, piésente de grandes imperfections. Consulter le beau travail de M. L. Thomas: La confession helvétique. Genève, 1853.

Xlme sur ie Hbre arbitre et les forces de l'homme, XlVme sur la repentance et la conversion de l'homme, XVme sur la vraie justification des fidèles, XVIme sur la foi, les bonnes œuvres, leur récompense et le mérite de l'homme. Dans les actes du synode de Berne, de 1532, les chapitres XlVme sur la repentance et le pardon des péchés, ou la dispensation de la grâce, XVIIIme sur ce qu'il faut toujours croître dans la connaissance de Jésus-Christ, et que chacun doit examiner sa propre foi. Dans le catéchisme de Berne (édition de 1780). Première partie: de la misère de Vhomme, section IIIme, 8me réponse. Seconde partie : délivrance de l'homme, section VIIme, 21me réponse. Section XXIVme, 62me réponse. Section XXVme, 65me et 70me réponses. Troisième partie : de la reconnaissance, section XXXIIme, 86me et 91me réponses, etc., etc. Ces passages, malgré leur phraséologie un peu antique, exposent clairement et catégoriquement la foi traditionnelle de l'église vaudoise.

Si l'on étudie les publications religieuses de cette époque, indigènes ou traduites dans le pays par des adhérents au réveil, on y trouvera toutes les doctrines scripturaires et évangéliques. On peut affirmer que pas une n'est oubliée, que pas une n'est méconnue. Ceci est généralement admis. Mais on fait remarquer que, parla force des choses, le réveil étant une réaction, a accentué certaines doctrines, y est revenu avec insistance, non pour annuler les autres, mais parce qu'elles étaient oubliées, si ce n'est niées absolument. Or, ce rappel incessant de certaines doctrines créait un danger, celui de laisser dans l'ombre d'autres doctrines également importantes et complétant les premières, de telle sorte que si ces dernières étaient énumérées, prêchées; elles l'étaient pourtant un peu en sous- ordre et que dansl'énon-

Page 1