‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 24 sur 215 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

un imprudent; les apôtres étaient des téméraires. Luther, Calvin et tous les hommes qui ont exercé une grande et puissante action religieuse sur leur siècle, ont été cassants, tranchants : ils ont commis plus d'une erreur de détail et de pratique. A suivre les conseils des sages, des prudents de ce monde, rien ne se ferait et le bien végéterait à l'ombre du mal tout-puissant.

Il est incontestable qu'à l'époque à laquelle nous sommes parvenus, et pendant une couple d'années encore, le plus fort courant de réveil dans notre pays passa par la dissidence et fut activé par elle. Gomme ce mouvement était une réaction et qu'il était persécuté, il a naturellement fait de rapides progrès, et, en peu de temps aussi, de grands pas dans la théorie de l'église. C'est évidemment la dissidence qui a pris, la première, la position la plus nette et la plus franche dans la question de la séparation de l'église et du monde, et dans celle de la nature de l'église elle-même ; qui a fait, la première, opposition à la religion traditionnelle, formaliste, et qui, dans la prédication des vérités du salut, a emprunté à celles-ci quelque chose de leur séve et de leur verdeur. C'est la dissidence qui, la première, a cherché à résoudre le problème du système volontaire en fait d'église; qui a réduit l'état à son rôle normal, légitime, et qui a revendiqué pour l'église le droit de vivre sans le secours du bras séculier. A cet égard, on peut certainement dire que les leçons données par la dissidence n'ont pas été perdues pour notre pays et que l'avenir l'a prouvé. Les écoles mêmes que la dissidence a faites ont profité aux congrégations qui sont venues, dans la suite, proclamer au milieu de nous la nécessité pour l'église d'une vie propre, sous la souveraine autorité de son seul chef, le Seigneur Jésus-Christ.

LIVRB IV.

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