‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 25 sur 215 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'église nationale; sa position vis-à-vis du pouvoir civil. — Le réveil dans cette église. — Adresse des vingt-six au grand conseil. — La réponse du conseil d'état. — Une lettre de M. Dan.-Alex. Chavannes, secrétaire du grand conseil. — L'importance réelle de l'adresse des vingt-six.

Nous avons entendu les reproches que les dissidents croyaient pouvoir adresser aux ministres évangéliques demeurés dans l'église nationale. Que se faisait-il, en effet, dans cette église, tandis queles assemblées religieuses étaient interdites, traquées, dissoutes ; tandis que l'émeute grondait autour des lieux de culte des dissidents; tandis que les fidèles saisis dans ces conventicules, étaient traduits devant les tribunaux; tandis que les pasteurs, mis hors la loi, étaient emprisonnés ou maltraités et bannis? Hélas! il est plus facile de dire ce qui ne se faisait pas dans 1 église nationale que de dire ce qui s'y faisait. Et mêmel il serait plus facile de signaler les traits d'intolérance, les actes de persécution que le clergé, dans sa masse, prenait à sa charge, que de constater ses efforts pour faire cesser un étal de choses non-seulement indigne d'un pays civilisé, protestant et républicain, mais encore extrêmement préjudiciable à l'église nationale elle-même et à la cause qu'elle aurait voulu défendre.

Le clergé vaudois était depuis longtemps habitué à n'exercer aucune action quelconque sur l'autorité civile. Celle-ci, ne consultait pas même les classes lorsqu'il s'agissait de l'administration et du gouvernement de l'église. Ainsi les arrêtés du 15 et du 1 6 janvier, la loi du 20 mai, etc., tout cela se fit sans le clergé,

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