‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 28 sur 215 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

protègent également; que s'ils croient devoir déployer la sévérité des lois, suivant leurs attributions, ce ne soit jamais pour gêner la conscience d'aucun de leurs administrés, dont elle est le domaine sacré et inviolable; qu'ainsi «abandonnant à Dieu le soin de punir les offenses qui ne regardent que lui » ils laissent au temps, à la grâce et à la per suasion qui découle de la sainte parole, le développement de leurs salutaires effets.

Ayant authentiquement consigné l'expression fidèle de nos sentiments auprès de ceux qui doivent en être instruits les premiers, nous nous faisons un devoir bien doux à remplir de supplier le père de tout don parfait qu'il veuille répandre par vous, sur notre église et sur notre patrie, la plus ample portion de ses faveurs; qu'il veuille bénir vos personnes et vos travaux!

Agréez, etc.

Rod. Wexger, anc. doyen et pas- F. Décoppet, diacre.

teur à Perroy. Brousson, pasteur.

Bron, ancien doyen et pasteur à Vallouy, pasteur.

Morges. L.-G-. Rossier, pasteur suffragant

Laurent, pasteur. Crinsoz, ministre du St. Evangile.

Rod. Simonin, pasteur. B. Vautier, suffragant.

J.-L. Cordey, pasteur. S. Pilet-Joly, ministre.

Gonthier, diacre. Dumur, suffragant.

Ls Burnier, diacre. Ls Recordon, suffragant.

Meyland, pasteur. F. Monnerat, pasteur suffragant.

Marguerat, suffragant. Gauthey, suffragant.

Cart, pasteur à Vufflens-le-Chât. G. Jayet, ministre stationuaire. Miéville, pasteur à Grancy. Rod. Mellet, suffragant.

B. Gindroz, pasteur. A. Chollet, stat. à Lucens.

P. S. Nous regrettons que les circonstances ne nous permettent pas de proposer cette adresse à l'adhésion d'un plus grand nombre de nos confrères, persuadés qu'ils partagent nos sentiments et qu'ils ne tarderont pas à le manifester.

Nota. Les signatures de Messieurs les pasteurs Dapples, d'Ormont-dessus, et Grenier, de Rougemont, sont arrivées trop tard.

M. Louis Burnier, l'un des signataires de cette adresse qu'il qualifie de fort modérée et presque timide1, nous dit que les hom-

1 L. Burnier. Notice sur A. Rochat, pag. 132.

mes du pouvoir en furent cependant singulièrement émus. Le grand conseil, dans sa séance du 8 décembre, passa à l'ordre du jour sur cette pétition, « ne jugeant pas, disent les journaux du temps, qu'elle soit de nature à provoquer de sa part quelque mesure, et cela d'aulant moins que les pasteurs signataires n'ont aucune vocation pour parler au nom du clergé du canton de Vaud, qui communique avec le gouvernement par l'intermé diaire des classes et dans les formes prescrites par les ordonnances ecclésiastiques '.» Quelques jours après celte décision du grand conseil, et dans le courant de janvier 1825, le conseil d'état adressa une lettre circulaire aux doyens des quatre classes du clergé, pour leur notifier le résultat d'une démarche à laquelle, on le voit, une bien petite portion du clergé avait seule pris part. Le langage du conseil d'état est celui du maître qui reprend, censure et ordonne; son argumentation est, d'un bout à l'autre, un tissu de sophismes. Le lecteur pourra, du reste, en juger par lui-même. Voici, en effet, la circulaire du conseil d'état.

Le landamann à M. le doyen X,

Monsieur le doyen, Une pétition revêtue des signatures d'un certain nombre de ministres, dont 15 pasteurs ou diacres et 11 impositionnaires, a été présentée au grand conseil, dans la session extraordinaire du mois de novembre dernier.

Cette pétition était essentiellement relative aux mesures que le gouvernement a été dans le cas de prendre pour empêcher les désordres publics auxquels donnait lieu une secte nouvelle. Le but des signataires de cette pièce paraît avoir été, d'un côté de se disculper des prétendues accusations d'infidélité dirigées contre l'église nationale, de l'autre de déclarer qu'ils demeurent étrangers par leurs sentiments aux mesures rigoureuses qui peuvent et pourraient être prises contre ceux qui se séparent de l'église, en insinuant que l'application de la loi tend à gêner

1 Gazette de Lausanne, 10 décembre 1824 et Nouvelliste Vaudois, même jour. Communiqué officiel.

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