‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 4 sur 215 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

» Ce n'était pourtant pas sans émotion que nous nous rendions le dimanche chez M. Rochat. Les menaces continuaient ; des menaces de meurtre étaient sans cesse sur les lèvres du père B. contre M. Rochat.

» Dans la semaine qui précéda le 22 août, une petite réunion chez M. Rochat fut interrompue par la visite d'un huissier. Celuici trouvant que la porte ne s'ouvrait pas assez vite, escalada le mur du jardin, de crainte que nous ne lui échappassions, ce dont nous n'avions nulle idée ! En rentrant, nous fûmes accompagnés de huées par les gens du marché qui se réjouissaient de tout leur cœur de ce que les momiers avaient eu la chasse, comme ils le criaient. Nous dûmes paraître chez le juge de paix et devant le tribunal. »

Le juge de paix ayant reçu une plainte très violente de la part d'un certain père B. qui accusait M. Charles Rochat d'avoir suborné deux de ses filles, parce qu'elles suivaient les assemblées religieuses, avait effectivement donné ordre à deux inspecteurs de police de se transporter chez ce pasteur et de voir s'il s'y tenait quelque assemblée. Les inspecteurs trouvèrent quatre personnes auprès de M. Rochat. Appelé devant le juge, ce pasteur prétendit que ces quatre personnes ne formaient point une de ces assemblées qu'avait en vue la loi du 20 mai, « parce que, disaitil, cette loi est portée contre des sectaires et qu'en conscience je ne suis point sectaire! » A cette occasion, M. Rochat protesta contre l'affectation que le public mettait à dire qu'il ne parlait de religion qu'à de jeunes personnes. l\ était accompagné à l'audience du juge de paix de son coaccusé, M. Etienne Durand.

Renvoyé devant une commission du tribunal de Vevey, M. Rochat eut à subir de la part de celle-ci un interrogatoire qui

porta sur une foule de points très étrangers, semblait-il, à la cause elle-même. C'est ainsi qu'on lui demanda, par exemple, si ses explications de la Bible étaient conformes à celles des pas tenrs de l'église nationale ? Il répondit qu'elles étaient conformes aux livres symbolique* de l'église nationale du canton de Vaud (Actes du synode de Berne et confession helvétique.) A cette occasion, Bochat déclara être séparé du corps actuel de l'église nationale, et il s'en référa à sa lettre du 41 janvier précédent adressée au conseil d'état.

M. Etienne Durand exposa à son tour, que ce qui l'avait engagé à se séparer de l'église nationale, c'étaient les actes du clergé, soit de l'église nationale, qui avait rejeté de son sein de fidèles ministres.

Le 27 septembre, à l'audience du tribunal de district, l'accusateur public conclut à ce que M. Ch. Bochat fût condamné à un an de confination dans sa commune et aux frais.

M. Bochat présenta lui-même sa défense qu'il avait écrite et dont nous extrayons les passages suivants. Dans une courte introduction, l'accusé qui se présente ici pour la cause de la vérité, confesse son ignorance des formes juridiques et affirme son intention de ne blesser personne. « La doctrine, dit-il, pour laquelle on persécute maintenant un certain nombre de ministres de ce canton, cette doctrine est celle du catéchisme qu'apprenait toute te population protestante de ce même canton, il n'y a guère qu'une quarantaine d'années1 aujourd'hui, ceux qui prêchent cette même doctrine sont repris , suspendus, destitués, persécutés et signalés à la fureur du peuple »

Bochat comparaissant devant le tribunal au nom de la loi du 20 mai, c'est donc d'après cette loi qu'il doit être jugé et que cette affaire doit être vidée. En conséquence il se livre à un examen de cette loi. « Elle est portée, dit-il, contre une secte,

• Le petit catéchisme de Berne.

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