‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 47 sur 215 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

vet. Tous mes collègues l'ont accueilli en frère ; pour moi, je l'ai traité comme un des miens. »

Le lendemain du décès du bienheureux Juvet (26 novembre), sa dépouille mortelle fut portée en terre, accompagnée de tous les pasteurs et du consistoire de Nimes qui avaient tenu à rendre ainsi hautement témoignage à la foi, à la piété de ce fidèle serviteur de Christ. Des pasteurs du Gard voulurent même lui élever un monument funèbre, avec cette épitaphe : Les pasteurs du Gard à un frère persécuté! En outre, dans une pièce composée par le pasteur Gardes, et contresignée par 22 autres pasteurs, ils protestèrent contre l'intolérance dont les chrétiens du canton de Vaud étaient les victimes. Cette déclaration relevait et réfutait, en quelques pages empreintes d'une éloquente indignation, les objections et les accusations dirigées contre les fidèles honnis sous le nom de mômiers.

Nos lecteurs ne nous en voudront sûrement pas de les avoir arrêtés aussi longuement sur ces derniers moments et sur cette mort d'un homme qui avait joué un rôle si grand au début du réveil religieux dans notre canton, et que la terre étrangère devait voir mourir, victime de son zèle pour Dieu et de la cruelle intolérance de ses concitoyens 1 II ne faut pas que le juste meure sans que personne y prenne garde !

Le 1er janvier de l'année 1826 vit paraître le premier numéro d'une publication périodique qui devait contribuer puissamment à donner au mouvement religieux une forte impulsion dans le

sens de la piété et de la vie intérieure. Cette publication était la Feuille religieuse du canton de Vaud,

Déjà, depuis plusieurs années, notre pays était le théâtre d'un réveil de la foi et de la piété et, cependant, nul organe régulier n'était encore venu diriger et entretenir ce réveil, le faire pénétrer dans les masses. Ce n'est pas que le besoin d'un tel organe ne se fît sentir, mais jusqu'ici le calme avait manqué pour songer sérieusement à ce moyen d'évangélisation et puis, aussi, on n'avait peut-être pas encore une vue bien nette de ce que pourrait ou devrait être une telle publication.

On en était là chez nous, lorsque le pasteur Ch. Scholl vin de Londres faire une visite à Lausanne. C'était vers la fin de 1825. Il se promenait un jour sur Montbenon avec MM. L. Burnier et G. Jayet. « Comment faites-vous, leur dit-il, de n'avoir point de journal religieux populaire comme il y en a tant en Angleterre? » L'idée de M. Scholl fut aussitôt adoptée par ses amis et, dés le 1er janvier suivant, la Feuille religieuse commençait à paraître. M. Jayet, alors à Yverdon, la rédigeait de concert avec M. Burnier, diacre à Cossonay; M. Ch. Dapples, à Lutry, en soignait l'impression et la partie matérielle. Des collaborateurs se présentèrent immédiatement, entre autres Vallouy , Dupraz, etc. L'année suivante, M. Jayet ayant été débouté de ses prétentions sur le poste de Provence, et cela à cause de sa prédication trouvée trop évangélique, vint s'établira Lausanne, en qualité de rédacteur de la Feuille. Il demeura chargé de sa direction pendant près de trente ans et communiqua à ce journal quelque chose de sa piété ferme et douce, de sa foi éclairée et pratique et de l'excellent esprit qui a toujours animé ce fidèle serviteur de Dieu.

Vavis inséré en tête du premier numéro de la Feuille religieuse indiquait le but que ses fondateurs se proposaient. Elle

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