‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 55 sur 215 · CHAPITRE Xi · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xi

tendu qu'il est vieux et près des portes de V éternité ! » Il affirme toutefois, n'être pas séparé.

Lorsque la police était entrée dans l'une de ces assemblées pour la dissoudre, elle avait trouvé les assistants à genoux pour la prière. C'est un fait souvent observé dans des cas tout semblables et soigneusement consigné dans les rapports des agents municipaux. Plusieurs des prévenus se défendaient en prétendant que le gouvernement tolérait de nouveau les réunions et qu'il y en avait dans tout le pays.

Quoiqu'il en soit, le tribunal de Grandson fut saisi de cette affaire. Sueur et Petitpierre défendirent eux-mêmes leur cause et se virent condamnés l'un et l'autre à deux ans de bannissement hors du canton et solidairement aux frais du procès. Les conclusions de l'accusateur public près le tribunal du district, M. A. Gilliard, juge, emportaient des condamnations plus graves. Ce magistrat prétendait que « la considération de tout ce que l'introduction et l'exercice d'un culte séparé de l'église nationale amène de fâcheux , tant pour l'ordre dans l'état que pour la paix dans les familles, et les jugements qui ont déjà été prononcés contre ces sectaires par nos tribunaux auraient dû suffire pour les ramener sur des voies légales et redevenir ainsi des citoyens utiles à l'état et à la société. »

Le tribunal d'appel réduisit la peine de Sueur à dix-huit mois de bannissement, mais, en ce qui concernait Petitpierre, il maintint l'arrêt du tribunal de première instance, avec lequel du reste les conclusions de l'accusateur public en chef se trouvaient d'accord. — Petitpierre plaida lui-même sa cause en appel. « Son plaidoyer, dit Fivaz, était remarquable par sa force. Je n'ai jamais entendu annoncer l'Evangile avec autant de simplicité et de force ; je dirai d'originalité Les juges écoutaient

avec impatience ; les uns riaient, les autres sortaient de la salle du tribunal. On sentait dans cette assemblée une inimitié profonde contre le Seigneur. Les deux ou trois membres du tribu-

nal, bien disposés en faveur des enfants de Dieu, souffraient à l'ouïe de ce plaidoyer. Il n'était pas précisément ce qui convenait dans cette assemblée. Presque tous les membres du tribunal d'appel reconnaissaient l'injustice de cette loi d'exception l. » M. Fivaz ajoute que les prévenus auraient dû attaquer la loi elle-même et non tomber sur les juges. C'est en cela qu'ils manquèrent de tact.

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