CHAPITRE il
La première église dissidente vaudoise se constitue à Vevey. — Procédure instruite à Aubonne, contre M. François Olivier. — Sa lettre au conseil d'état pour obtenir l'autorisation d'exposer publiquement ses vues. — Il est banni du canton. — Procédure instruite à Orbe contre Marc Fivaz. — Scènes scandaleuses. — Libération de Fivai par le tribunal d'appel.
Pendant que s'instruisait la procédure dirigée contre M. G. Rochat, un fait très grave au point de vue ecclésiastique s'accomplissait à Vevey même. Jusqu'alors, nous l'avons vu, quoique séparés de fait de l'église nationale, ceux en vue desquels la loi du 20 mai avait été portée et contre lesquels elle déployait maintenant ses effets, n'avaient aucune vue sur ce quHls devaient faire. En d'autres termes, si la dissidence existait de fait, elle ne s'était pas encore constituée en corps d'église , elle cherchait sa voie, et on pourrait supposer telle ou telle circonstance qui aurait arrêté et empêché cette formation d'une église indépendante à côté de l'église nationale. La mise à exécution de la loi du 20 mai semble avoir détaché complètement de l'établissement religieux officiel, ceux qui avaient commencé depuis un temps plus ou moins long à chercher leur vie en dehors de cet établissement et, en particulier, ceux qui s'étaient, dès l'abord, groupés autour des ministres destitués ou démissionnaires.
Sous l'impression produite par les récents événements, M. Charles Rochat proposa aux fidèles qui l'avaient accueilli comme leur pasteur, de se constituer en église, en formant un corps discipliné selon les ordres du Seigneur1. Ceci se passait le 12 septembre 1824, et c'était la première fois que M. Rochat faisait
' Simple narré.