CHAPITRE XVI
faits importants de l'histoire du mouvement religieux dans notre pays, qui intéressent, en particulier, l'histoire des progrès accomplis par le réveil dans le sein du clergé national. Ces deux faits sont la fondation de la société biblique auxiliaire et l'établissement d'une correspondance fraternelle entre pasteurs évangéliques.
Lorsque nous avons retracé l'histoire de la société biblique fondée dans le canton de Vaud par le vénérable Levade, nous avons eu l'occasion de faire remarquer que cette société avait conservé dans le recueil sacré les livres apocryphes. Nous avons également raconté comment s'était faite la révision de 1822 et dit quels reproches on pouvait adresser à cette révision. La situation dans laquelle s'était placé, dès l'origine, le comité directeur de la société biblique en ne voulant répandre que les bibles de 1822 à l'exclusion des autres versions, amena peu à peu une réaction contre la révision et fit naître le besoin d'une société qui répandrait toutes les versions évangéliques de la bible dépouillées des livres apocryphes. La société qui se forma alors et qui prit le nom de société biblique auxiliaire g énér aie du canton de Vaud, rejeta donc ces derniers livres par la considération qu'ils étaient dangereux, en tant que renfermant beaucoup de choses contraires à la doctrine et à la morale, et opposés aux faits de la parole de Dieu \
Voici, du reste, comment la Feuille religieuse, dans son numéro du 28 novembre 1828, racontait l'origine de cette nouvelle société :
« Dans un sermon de catéchumènes, prêché en avril 1826, sur ces paroles de St. Paul : Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, etc., le ministre du Seigneur avait forte-
1 Observations du pasteur Dapples (1827).
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ment insisté sur le besoin qu'ont les jeunes gens de posséder de bonne heure la bible, et sur le devoir des parents de la donner à leurs enfants, et des riches de la procurer aux pauvres. Frappée de ces réflexions, une personne qui est demeurée inconnue jusqu'à ce jour, manifesta l'intention de donner dix louis, si ce petit fonds pouvait provoquer la formation d'une -société biblique en faveur des jeunes gens. Dieu permit que cette communication fût faite à une autre personne qu'il a douée d'une grande activité pour ce qui regarde le règne de son Christ. Quelques semaines s'étaient à peine écoulées, que des bibles avaient déjà été distribuées ; au bout de peu de mois, un comité provisoire fut nommé et chargé de rédiger un projet de règlement sur des bases plus larges ; et c'est ce projet modifié et définitivement adopté, il y a deux ans, qui régit maintenant la société. »
Dans le courant de l'année 1826, des pourparlers avaient eu lieu entre plusieurs pasteurs et laïques pieux du canton de Vaud, et le 1er novembre quelques amis de l'Evangile se réunissaient au chef-lieu, dans l'ancien temple allemand, pour s'occuper de l'établissement et de l'organisation définitive de la société projetée. Une année après, le 6 novembre 1827, avait lieu dans une des salles de la maison de ville de Lausanne la première séance publique qui attirait un grand concours de personnes. La société qui remettait la bible à tout prix, suivant les facultés de chacun, pouvait déjà se réjouir à la vue de la vie et de l'activité qui animaient ses travaux, Des sous-comités se formaient ici et là, ainsi que des dépôts de bibles et des associations de femmes ; des collecteurs et des dames collectrices faisaient preuve d'un grand zèle, et certaines localités du canton, entre autres Yverdon et Aubonne, devenaient le centre d'un débit assez considérable de livres-saints \
' Rapports annuels de la société. —
Feuille religieuse, 1827.