‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 5)Chapitre 81 sur 215 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

A la tête de la société biblique auxiliaire, on remarquait des hommes tels que l'excellent Manuel, pasteur à Lausanne , le pasteur Phil. Bridel qui déployait déjà et qui déploya jusqu'à la fin de sa carrière, une grande activité pour cette œuvre ; les pasteurs Dapples, Rodolphe et Victor Mellet, Descombaz, Brousson, L. Burnier, Dupraz, Gauthey, H. Olivier et Aug. Rochat, dont le beau discours, dans l'assemblée de 1829, produisit une vive sensation. A côté de ces enfants du pays, on pouvait distinguer parfois des hommes comme Ad. Monod, alors pasteur à Lyon, et son frère Frédéric, Félix Neff et Merle-d'Aubigné, etc.

Peut-être nos lecteurs seront-ils surpris du titre d'auxiliaire que s'était donné la nouvelle société biblique du canton de Vaud. Il faut sans doute y voir l'indice d'une intention fraternelle à l'égard du fondateur de la première société biblique. On pouvait croire qu'il éprouverait quelque surprise , et peut-être quelque chagrin, à la vue d'une société qui, naissant douze ans après celle qui lui devait le jour à lui-même, semblait devoir être une rivale. On dit, en effet, que M. Levade se montra d'abord peu satisfait et qu'il lui fallut quelque temps avant de revenir de la fâcheuse impression qu'il avait éprouvée. Du reste, la société qui se réclamait de son nom avait eu sa raison d'être ; elle l'avait encore à certains égards, et la société auxiliaire ne voulait que combler une lacune assez sérieuse et assez évidente, pour que cette nouvelle fondation fût autorisée à revendiquer une place au soleil. Cette place, elle l'a pendant de longues années dignement occupée et, malgré les changements que le temps devait apporter à sa composition et à sa marche, elle n'en a pas moins jusqu'à ce jour, fidèlement continué son œuvre dans notre pays. La société biblique de Levade était, nous l'avons

dit, le point de départ d'un mouvement religieux qui devait être caractérisé par un retour à l'autorité et aux enseignements de la parole de Dieu ; la société auxiliaire générale fut un fruit de ce mouvement, un résultat de l'impulsion imprimée à cette œuvre par sa devancière.

Malgré la présence dans son sein d'hommes qui n'appartenaient plus à l'église nationale vaudoise, on peut dire cependant que la société biblique auxiliaire était essentiellement une œuvre de l'église nationale, une preuve du mouvement qui s'accomplissait aussi dans ses rangs et un indice des préoccupations des pasteurs nationaux fidèles de cette époque.

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