‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 106 sur 243 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

aux souvenirs locaux. Voici, entre autres, ce que nous lisons dans une lettre adressée le 7 décembre 4831 par M. Gauthey, alors pasteur à Lignerolle, à la Discussion publique: « Quant à M. Haldane, j'avouerai qu'en écrivant mon premier article je l'avais un peu oublié. Je savais bien qu'il avait fait un séjour à Genève et qu'il y avait été l'instrument d'un réveil très remarquable qui continue à porter ses fruits. Je savais bien aussi qu'il avait passé à Lausanne. J'étais à l'académie à celte époque et il eut la bonté de faire remettre à chacun des membres de ma volée un exemplaire de son ouvrage sur l'autorité et la divinité de la révélation ; mais cet ouvrage, presque entièrement apologétique, ne pouvait pas avoir une grande influence sur nos idées en matière de doctrine. Plus tard, il fil remettre, je crois, à quelques proposants, son commentaire sur l'épîlre aux Romains ; cet ouvrage fut même recommandé par le professeur de théologie dogmatique, qui ne jugea pas qu'un poison subtil y fût renfermé ; mais que M. Haldane eût agi d'une manière directe à Lausanne, qu'il y eût évangélisé et opéré des conversions, qu'il y eût eu toute l'influence qu'on lui attribue, c'est ce dont je n'avais point ouï parler jusqu'à ce jour

Si la part directe attribuée quelquefois à Robert Haldane dans notre réveil religieux a été plus que surfaite, nous en pourrons dire autant de celle que l'on ferait également à d'autres chrétiens anglais ou écossais. Parlerons-nous donc du général Macaulay, du révérend Stuart'2, de son collègue dans le ministère le révérend M. Smilh Wright? Non, assurément, et bien que ces hommes pieux aient entouré d'une grande sympathie les petits

1 Cette lettre de M. Gauthey était une réponse à des articles très malveillants de Y Ami de l'église nationale, sur les origines du réveil dans le canton de Vaud.

2 Ecossais, pasteur d'une chapelle dissidente à Londres. La veille d'une consécration, à Lausanne, il invita à déjeuner chez lui les futurs ministres, les exhorta et pria avec eux. Le doyen Curtat en fut vivement irrité.

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commencements de notre réveil, ni les uns ni les autres cependant n'ont accompli une œuvre au milieu de nous ; ils n'y ont pas exercé une influence réelle et positive, et, par conséquent, leurs noms n'appartiennent pas nécessairement et naturellement à notre histoire religieuse.

(jue nos lecteurs ne croient pas que nous soyons de ceux pour lesquels les dettes de la reconnaissance sont prescrites par le temps. Il n'en est rien; mais nous ne pensons pas que la reconnaissance doive faire méconnaître les droits de la vérité, et si l'histoire ne respecte pas celle-ci, par qui ou par quoi sera-t-elle respectée? Nous croyons avoir fait à l'influence anglaise la part exacte qui lui revient directement dans l'histoire du mouvement religieux dans notre canton de 1815 à 1821. Après cela, nous méconnaissons si peu la part indirecte que cette influence serait en droit de revendiquer pour elle-même, que nous l'avons signalée partout où nous l'avons rencontrée, et, en particulier, dans les travaux des sociétés fondées par Levade et dans l'établissement des réunions libres d'édification. Nous la signalerons plus spécialement encore quand nous aborderons le sujet de la théologie du réveil. Qu'il nous suffise, pour le moment, d'affirmer que le réveil lui-même n'est pas anglais; qu'il n'est pas dû aux Anglais. Ce qui a pu contribuer à exagérer le rôle que l'on a fait jouer à ces derniers, c'est le faitqu'ils ont eu une réelle influence sur la marche du réveil à Genève. On a donc établi entre le mouvement religieux dont cette ville avait été le théâtre et celui qui s'accomplissait à peu près à la même époque dans notre canton, un lien étroit; et, de ce que plusieurs des chrétiens genevois qui visitèrent Lausanne avaient subi l'influence anglaise, on en tira cette conclusion, non suffisamment justifiée, que le

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