‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 109 sur 243 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Etat religieux el niorai du canton de Vaud en 1820. — Mondanité, démoralisation.— r,ages d'un relèvement.

Avaot de clore cette seconde partie de notre histoire, cherchons à nous représenter avec quelque exactitude 1 état religieux et moral de notre canton à la fin de l'année 1820. Il nous suffira pour cela de résumer les faits que nous avons passés en revue dans les pages qui précédent.

A bien des égards, nous pourrions répéter ici ce que nous

avons dit sur ce même sujet dans notre premier livre. L'état religieux et moral de notre pays, à l'époque à laquelle nous sommes parvenus, ne présente pas, en apparence du moins, de très grands progrès sur l'état antérieur. En général, il est encore bien languissant et les classes se voient souvent dans la pénible nécessité de mettre sous les yeux du pouvoir civil le tableau des misères morales de notre peuple. Les désordres et les scandales qui suivent les danses du dimanche ou les repas d'enterrement: les progrès déplorables de l'ivrognerie, la fréquentation bien imparfaite des services religieux, ne fournissent que trop souvent aux représentants du clergé vaudois des sujets de plaintes. Mais si les doléances des classes attirent l'attention du gouvernement sur des faits palpables et faciles à constater, leurs procès-verbaux sont muets sur d'autres faits moins scandaleux sans doute, mais également propres à faire connaître l'absence de vie religieuse dans le peuple. La mondanité est encore générale ; à cet égard-là, les conducteurs de l'église ne sont, pas plus que les troupeaux eux-mêmes, à 1 abri de tout reproche. Chez les pasteurs du cheflieu, comme chez ceux du canton, les soirées du dimanche sont consacrées à des divertissements fort peu compatibles avec la sanctification de ce jour du repos et la gravité du caractère pastoral, Ce sont des parties de cartes, des danses, des comédies de société; toutes choses qui, à en supposer l'innocence relative, ne devaient pas contribuer à faire de la maison du pasteur une maison de prière, ni un foyer de vie religieuse bien intense. Nous n'ignorons pas, il est vrai, que les divertissements du dimanche soir, que la mondanité en général, n'étaient guère envisagés, à cette époque, sous un jour aussi sévère que c'est le cas maintenant. Il s'est opéré dès lors un travail qui, en élevant le niveau de la piété, en inspirant des vues et des sentiments plus justes, plus stricts sur ce que doit être la vie chrétienne, a amené un divorce plus absolu entre la piété sérieuse et la vie

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