‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 114 sur 243 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

on avait vu s'ouvrir à Bâle un établissement destiné à porter au loin la Bonne Nouvelle du salut.

Le mot de missions n'était donc pas, à cette époque, ignoré des chrétiens vaudois, et la chose que ce mot désigne ne l'était pas non plus absolument; mais le nombre des personnes pieuses était alors si peu considérable dans notre pays, que nul effort commun n'avait pu être tenté pour donner de la consistance à une œuvre qui aurait eu pour objet les missions évangéliques. A partir de 1819, le courant devient, dans ce sens, plus fort, plus sensible ; quelques pasteurs qui recevaient le Magasin évan gélique le faisaient lire autour d'eux, et, à l'origine, ces lectures, bien loin de provoquer de l'opposition ou de faire naître des préjugés, ne rencontraient, semble-t-il, que des sympathies et produisaient une vive impression sur les esprits et sur les cœurs. Les dons en faveur des missions arrivaient, et même un jour on vit le syndic d'une commune des environs de Romainmôtier apporter dans ce but, au pasteur de la paroisse, deux cents francs de Suisse qu'il avait recueillis parmi ses concitoyens.

L'intérêt pour l'œuvre des missions, qui a été l'un des premiers fruits du réveil, en a été aussi l'une des causes. Cet intérêt a réagi fortement sur les dispositions religieuses du pays et il a beaucoup contribué à donner au mouvement une impulsion plus vive, en même temps qu'une plus grande énergie.

Plusieurs années déjà avant la constitution d'une société de missions dans le canton de Vaud, de petites réunions d'amis chrétiens s'étaient formées dans beaucoup de lieux, dans le but spécial de prier pour cette œuvre excellente. Dans ces réunions, on recueillait des dons en faveur de l'institut de Bâle.

En 1820, Félix Neff avait été invité par Mlle Greaves à passer

à Lausanne huit ou quinze jours, afin d'y travailler à former, s'il était possible, une société de missions. Il ne semble pas que ce désirait été suivi d'effet, bien que la visite de Nefï, n'ait pas été inutile à la cause des missions chez les païens. « S'il n'alluma pas le fanal, dit à cette occasion M. L. Burnier, il y versa du moins quelques gouttes d'huile. » L attention était de plus en plus excitée, et plusieurs écrits destinés à populariser l'œuvre des missions évangéliques datent de < ette époque. C'est en 1821, par exemple, que parut, à Genève, VExposè de l'état des missions chez les païens, par L. Gaussen, pasteur à Satigny, en même temps qu'au canton de Vaud, le pasteur Vallouy. de Ballaigues plaidait cette même cause dans son Coup d'œil sur les missions.

La nouvelle société avait-elle tiop présumé d'elle-même ou des dispositions de ceux qu elle invitait à joindre leurs efforts aux siens? Toujours est- il qu'en signant les adresses auxquelles nous avons fait allusion,, elle avait signé en même temps son propre arrêt de mort. Nous avons entendu l'un des hommes qui avaient apposé leurs noms au bas des circulaires émises par la société vaudoise évanqéiique des missions, raconter qu'un pasteur de Lausanne, très écouté du pouvoir et qui avait pour voisin le conseiller d'état Secrélan, auquel il communiquait ce qui se passait dans l'église, et qu'il consultait trop habituellement sur des matières assez étrangères à ce magistrat, ayant porté à son voisin la circulaire qu'il venait de recevoir en qualité de pasteur, devint ainsi la cause indirecte du coup sous lequel la jeune société devait succomber.

Quoiqu'il en soit de ce fait particulier, le landammann, président «lu conseil d'état au canton de Vaud, adressa, le 1 7 avrii simultanément au lieutenant du conseil à Yverdon et aux doyer n des quatre classes, des circulaires destinées à arrêter immédiatement l'essor d'une société qui avait à peine vu le jour. La manière dont le gouvernement envisagea la question de fait qui se présentait à lui esl trop curieuse et son argumentation est trop

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