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significative, pour que nous ne placions pas sous les yeux dp nos lecteurs les deux pièces officielles qui servirent de linceul à la société fondée h Yverdon.
Voici d'abord la lettre du landanimann au lieutenant du conseil, à Yverdon :
Lausanne, 17 avril 1821.
Le landammann, président du conseil d'état du canton de Vaud. au lieutenant du conseil d'état à Yverdon.
Monsieur le lieutenant.
Des pasteurs, livrés tout entiers aux devoirs qu'ils ont à remplir envers leurs églises, ont transmis au conseil d'état des lettres circulaires datées d'Yverdon et signées, R. Chatelanat, pasteur, président, et L. Gauthey, ministre, l'un des secrétaires de la société.
Dans ces lettres on annonce qu'une société s'est formée dernièrement à Yverdon sous le titre de Société vaudoise évangélique des missions. On indique que le but général de cette société est de contribuer à répandre la connaissance de l'Evangile parmi les peuples païens. On fait connaître qu'elle recueillera des contributions volontaires, appellera l'attention de diverses manières sur les missions, et. cherchera à ranimer et fortifier la piété dans notre propre pays, en inspirant de l'intérêt pour les progrès du christianisme. On y fait mention d'une assemblée générale qui a eu lieu le 5 mars, dans laquelle on a décidé qu'on adresserait une circulaire à messieurs les pasteurs du canton de Vaud pour les prier de se joindre à la société et d'intéresser leurs paroissiens au but qu'elle se propose. On ajoute qu'on fait connaître cette entreprise à messieurs les pasteurs, afin que s'ils désirent y coopérer, ils veuillent bien en donner communication à la société.
Ces lettres, mises sous les yeux du conseil d'état, sont semblables et paraissent être la suite de l'assemblée du 5 mars. Elles sont terminées par l'avis qu'une seconde assemblée générale est fixée pour le premier mercredi de juillet, et par l'indication des membres du comité directeur .
Au nombre de ces membres sont les ecclésiastiques ci-après: M. Chatelanat, pasteur à Pomy, président ; MM. les doyens Wist et Rochat, viceprésidents; M. le ministre Brousson, caissier ; MM. les ministres Mouron, Germond, Gauthey, secrétaires; MM. Develey, Duvoisin, pasteurs.
Le conseil d'état n'a pu voir avec indifférence une telle démarche. Autant il applaudit au zèle louable des pasteurs qui, réfléchissant sur le bien qu'ils peuvent faire autour d'eux, s'appliquent à ranimer la piété
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dans leurs paroisses, et à y remplir les nombreux devoirs que leur ministère leur impose, autant il a dû voir avec peine que par un zèle inconsidéré, pour des entreprises lointaines, hors de la portée et des moyens d'un petit pays comme celui-ci, on se livre à des actes contraires aux lois.
La circulaire de la société, dite Société vaudoise éiangélique des missions, présente de tels actes que le conseil d'état ne saurait ni approuver ni tolérer.
En effet, cette société, en disant qu'elle recueillera des contributions volontaires, en demandant la coopération de messieurs les pasteurs et en priant ceux-ci d'intéresser leurs paroissiens au but qu'elle se propose, annonce l'intention de provoquer des dons, de faire une collecte dans tout le canton, tandis que, d'après la loi du 28 mai 1811, le conseil d'état ne peut accorder la permission de recueillir de semblables contributions, même dans une seule commune, pour un citoyen vaudois ruiné par un incendie.
La même société, en s'adressant à tous les pasteurs et en sollicitant leur coopération pour ranimer et fortifier la piété, paraît vouloir exercer sur eux un droit d'impulsion et de direction. Cet acte est contraire aux ordonnances ecclésiastiques en général, qui indiquent les moyens d'instruction religieuse, qui règleut les devoirs des pasteurs, qui déterminent les autorités auxquelles ils ressortissent, qui fixent le pouvoir de celles de ces autorités qui sont au premier degré. Il est aussi contraire spécialement aux termes, comme au véritable esprit du titre II, art. 3 des ordonnances ecclésiastiques, qui prescrit aux pasteurs de s'abstenir d'entreprendre quelque chose qui soit étranger à leur vocation, mais de se souvenir toujours qu'ils doivent leurs soins à l'avancement du bonheur spirituel des âmes qui leur sont confiées. Or la vocation de messieurs les pasteurs telle qu'elle est tracée dans les ordonnances ecclésiastiques, ne s'étend nullement à des missions étrangères, qui ne feraient que les détourner de ces soins assidus que la patrie qui les a appelés à son service, réclame d eux dans leurs paroisses respectives.
Vous êtes invité, monsieur le lieutenant, à faire savoir aux signataires de la circulaire dont il s'agit et par eux à ceux qui peuvent y avoir pris part, que le conseil d'état, d'après les considérations ci-dessus, ne peut ni approuver le contenu de cette circulaire, ni en autoriser l'exécution. Recevez mes salutations,
Le landammann en charge, fSigné) A. Pidou.