CHAPITRE II
La réponse de M. Duplessis-Masset ne fut pas la seule que provoqua la brochure sur Y établissement des convention les. M. Clément Perrot, pasteur de l'église presbytérienne de Guernesey, était venu, au commencement de l'année 4821 , sur le continent et dans la Suisse française, dans le but spécial d'engager des ministres de la Parole à consacrer leur temps et leurs forces au service des églises de Jersey et de Guernesey. Passant à Lausanne, M. Perrot y vit M. Curtat, sur l'esprit duquel il fît la meilleure impression. Le doyen lui confia même sa chaire et lui prodigua de grands éloges... Cependant, il existait entre eux des divergences de doctrine qui apparurent plus clairement à mesure que les relations si fraternellement nouées devinrent plus étroites. Avec sa vivacité naturelle et la fougue de son caractère, M. Curtat s'éloigna d'autant plus de M. Perrot qu'il s'en était, au premier abord, davantage rapproché. C'est sur ces entrefaites que parut la première brochure du doyen contre les conventicules. De Genève, où il se trouvait alors, M. Perrot adressa, en date du 2 juillet, sa Représentation fraternelle à M. le pasteur Curtat. L'auteur, après avoir rendu de grands hommages à la piété du premier pasteur de Lausanne, déclare cependant vouloir le réfuter. Dans ce but, il relève l'une après l'autre, les accusations dont la brochure du doyen était remplie ; il s'efforce de démontrer qu'elles reposent sur des faits tronqués, sur des principes controuvés; que celles qui ont trait à un espionnage étranger, à de l'argent enlevé au pays au profit de l'Angleterre, à des tentatives de déchirure et de ruine de l'église vaudoise, sont purement et simplement absurdes et calomnieuses. M. Perrot prend le doyen Curtat dans ses propres filets, lorsqu'il lui montre que, mutatis mutandis, les moyens
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qu'il signale comme illégaux, inutiles et dangereux, lui-même les aurait employés en pays étranger et qu'il n'y aurait rien vu que de naturel et de légitime. Mais, M. Gurtat a été trompé, sa bonne foi a été surprise, les dissidents anglais ne sont point des méthodistes et, en s'acharnant contre une œuvre qui ne présente aucun des caractères dont son imagination l'a revêtue, il s'est laissé entraîner à des accusations dont on tire d'épouvantables conséquences.
La réponse de M. Perrot, quoique fort bonne, n'a pas marqué, semble-t-il, comme elle l'aurait mérité, dans le débat dont nous retraçons les diverses phases. Pas plus que celle de M. Duplessis, elle ne convainquit le doyen, dont l'humeur ne fit que s'aigrir encore davantage. Il ne tarda même pas à donner essor aux sentiments qui l'animaient, dans une seconde brochure intitulée : Nouvelles observations sur l'établissement des conventicules (4821). Nous sommes ici en présence d'une apologie personnelle passionnée, irritée, violente. Ce sont du reste les mêmes accusations que dans la première brochure. Encore ici, M. Curtat se donne beaucoup de peine pour faire croire à sa haute estime pour la piété et le zèle des chrétiens qu'il combat cependant en les taxant formellement d'hypocrisie. Il se plaint de n'avoir pas été compris. « Un chrétien, dit-il en parlant de lui-même, écrit sur les conventicules ; tout en les blâmant, il ne cesse de louer ceux qui les favorisent et de les exalter comme des chrétiens distingués, zélés, honneur de l'église, n'étant mûs que par leurs excellents sentiments, » et ce chrétien on a l'indignité de le montrer en contradiction avec lui-même et avec les faits 1 Impossible, cependant, de se faire illusion sur la vraie pensée de l'auteur. A ses yeux, les méthodistes ne sont que des