‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 149 sur 243 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

dans les années qui suivent. En outre, les étudiants en théologie sont fréquemment exhortés « à la prudence dans leurs relations et leurs démarches, et à se garantir de toute exagération dans leurs principes et dans leur zèle religieux. »

Les impositionnaires ne sont pas moins surveillés et gênés dans l'exercice de leur ministère par l'inquisition tracassière de l'académie. « Diverses opinions religieuses, exagérées et contraires à la doctrine comme à l'esprit de l'évangile, étant répandues depuis quelque temps dans le pays par des étrangers et quelques impositionnaires et proposants, paraissant les goûter et les admettre, l'académie nomme une commission pour s'occuper d'arrêter les progrès de ces idées et des désordres qui en sont la suite. » Cette commission était composée des professeurs Leresche et Dufournetet du doyen Curtat.

Vers la fin de l'année, des repourvues devant avoir lieu dans la classe de Morges, l'académie nomme aussi M. Aug. Rochat. « Toutefois, cet impositionnaire, tout à fait recommandable d'ailleurs, ayant donné lieu à quelques soupçons fâcheux, par ses relations avec des personnes accusées d'exagération dans leurs sentiments religieux, l'académie décide d'écrire une lettre confidentielle à M. le doyen et d'adresser quelques avis à cet égard à M. Rochat l. »

A la même époque, la suffragance pastorale de Ballaignes était à repourvoir. L'impositionnairc F. D amont, l'auteur de la lettre à Vinet, était proposé en premier: « Toutefois, dit le procèsverbal de l'académie, M. Dumont, passant pour avoir quelques sentiments exagérés en fait de religion, mais n'ayant donné lieu à aucune plainte officielle, on décide de communiquer ces soup-

1 Procès-verbaux de l'académie, 6 novembre 1822.

çons au conseil d'état et de donner à M. Dumont quelques avis à cet égard. » Comme il pouvait s'y attendre, de la part de corps qui redoutaient à ce point tout ce qui pouvait passer pour exagéré en fait de religion, M. Dumont fut débouté de sa demande, et il se vit préférer un collègue plus jeune que lui, mais qui n'inspirait pas la même crainte à la vénérable académie et au louable conseil d'état. M. Dumont ne pouvant point espérer de poste dans le canton , dut se résoudre à offrir ses services à l'église réformée de France.

Les classes, on peut le croire, n'étaient pas animées d'un esprit plus libéral et plus ouvert que l'académie elle-même. Composées, dans leur presque totalité, de pasteurs qui, bien loin de subir l'influence du mouvement de réveil qui se produisait, s'y opposaient plutôt de toutes leurs forces, et cela, soit par ignorance et par préjugé, soit par un zèle mal éclairé, soit encore par la crainte charnelle de tout ce qui pouvait déranger les habitudes contractées dès longtemps, les classes étaient, en outre, complètement à la dévotion de l'académie et du gouvernement, inspirés eux-mêmes dans leurs mesures restrictives par le doyen Curtat. Elles approuvent donc les décisions de l'autorité tant séculière qu'ecclésiastique et elles pourvoient de leur mieux à leur exécution.

Ceci nous reporte un peu en arrière et nous conduit à reprendre le fil des événements qui s'accomplissaient à cette époque dans quelques-unes de nos paroisses.

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