CHAPITRE VIL
conseil par la commission chargée de prévenir les troubles occasionnés par la mômerie el d'obvier à de nouveaux désordres. Cette pièce fut lue dans la séance du 2 juin 1823.
Votre commission ne peut qu'applaudir aux mesures prises par le conseil d'état contre deux ministres impositionnaires qui, au mépris des exhortations qui leur ont été adressées, ont continué à prêcher et à répandre de nouvelles doctrines, qui, en s'écartant des préceptes sages et modérés de la religion que nos pères nous ont transmise et qui est consacrée par la constitution comme religion de l'état, allarment les consciences timorées, échauffent les esprits faibles qui, dans leur exaltation, peuvent se porter aux excès les plus déplorables.
Sans doute, il est parmi les novateurs des hommes de bonne foi, et certes ceux-là sont plus à plaindre qu'à blâmer; mais il ne faut point se dissimuler qu'un bon nombre d'entre eux sont guidés par un esprit d'insubordination, d'orgueil et de vanité. On sait d'ailleurs que dans la propagation des sectes l'intérêt particulier anime souvent le zèle de quelquesuns des propagateurs.
Pour prévenir les désordres et les résultats funestes que l'introduction de ces nouvelles doctrines pourrait amener dans le canton, votre commission pense que le conseil d'état doit être invité à exercer une exacte surveillance sur les hommes qui cherchent à les répandre.
C'est par des accusations et des insinuations de cette nature que les représentants du peuple préparaient et excitaient euxmêmes ces troubles, auxquels ils s'imaginaient ensuite pouvoir remédier par des actes de rigueur qui frappaient précisément les hommes qu'il aurait fallu défendre et protéger. Jamais la contrainte et la violence ne feront ce que la liberté seule peut accomplir !