‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 188 sur 243 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

qué, et même complètement dénaturé le texte ancien dans plusieurs endroits, particulièrement dans la liturgie de la communion.

Enfin, très honorés messieurs, dans ces temps où les préventions contre la vérité sont enracinées, où l'on traite de nouveautés des doctrines fondées sur la confession de foi helvétique, sur cette vénérable profession de foi de nos pères; dans ces temps où tant d'âmes sont enveloppées dans les ténèbres, où l'on a la douleur de voir qu'un si grand nombre de conducteurs spirituels prêchent un évangile qui n'est pas l'Evangile, laissent les troupeaux dans l'erreur et s'opposent, même ouvertement, à la vérité qui peut seule sauver, réjouir et sanctifier les âmes ; dans ces temps ne pas confesser ouvertement la Vérité, quand on a reçu de la miséricorde de Dieu la grâce de la connaître; ne pas signaler l'erreur là où elle est ; ne pas sortir, l'Evangile à la main, du milieu de ceux qui ne prêchent pas, hélas! le salut de Dieu en pureté; ne pas montrer ainsi distinctement où est le siège de la plaie d'Israël, pour qu'aucune âme sincère ne puisse s'y méprendre,... ma conscience me dit que ce ne serait pas là se conduire avec une franchise chrétienne, avec loyauté envers le Seigneur; que ce ne serait pas là confesser Jésus à la face des hommes, comme il Ta commandé. L'Evangile me fait entendre la même voix dans les passages que je vais citer, et dans d'autres dont je ne ferai qu'indiquer la place. Quiconque transgresse la doctrine de Jésus-Christ et ne lui demeure point fidèle, n'a point Dieu. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte point cette doctrine, ne le recevez point dans votre maison. (2 Jean 9, 10.) Si quelqu'un enseigne autrement et ne se soumet point aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ, sépare-toi de ces gens-là. (1 Tim. VI, 3, 4, 5.) Je vous exhorte, mes frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales contre la vérité que vous avez apprise, et à vous éloigner d'eux. (Rom. XVI, 17, 18.) Quelle communication y a-t-il entre la lumière et les ténèbres ? C'est pourquoi sortez du milieu d'eux et vous en séparez. (2 Cor. VI, 14, 15, 16.) Comme nous l'avons déjà dit, je le dis encore maintenant : Si quelqu'un vous évangélise autre chose que ce que vous avez reçu, qu'il soit anathème. (Gai. I, 6, 7, 8, 9.) Voyez encore Tite III, 10; 2 Thes, III, 6. Math. VII, 15; 2 Tim. I, 5; Act. XIX, 9.)

Il est indispensable que j'aie l'honneur de vous dire, très honorés messieurs, que quand je parle de la confession de foi helvétique j'entends l'original latin publié en 1566, et non la traduction française imprimée à Berne en 1760, laquelle est non-seulement défectueuse, mais offre encore en plusieurs endroits des additions, des retranchements, des adoucissements, en un mot, une déplorable altération du sens de l'original latin,

ce qui, pour le dire en passant, très honorés messieurs, dévoile à quel point la vérité s'est peu à peu dénaturée, même au sein de ceux qui en devaient être les dépositaires, puisqu'un pasteur alors estimé, un pasteur de la capitale, un pasteur chargé de ce travail par son gouvernement, a défiguré la vérité, même en traduisant l'expression fidèle de cette vérité.

Je viens d'avoir l'honneur, très honorés messieurs, de voas exposer les raisons qui m'imposent le devoir de me retirer de l'église nationale de ce pays, telle qu'elle est actuellement constituée. Je le fais en présence de Celui qui sonde les cœurs et les reins, je le fais en répandant devant lui les vœux de mon cœur pour ma patrie qui ne m'est pas faiblement chère, et en priant ce Dieu de toute bénédiction pour ceux qui la gouvernent

Daignez agréer, très honorés monsieur le landammann et messieurs les membres du conseil d'état, l'hommage de mon profond respect.

Charles Rochat,

ministre du saint Evangile.

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Le lecteur remarquera facilement que M. Rochat s'appuie entièrement sur des considérations de doctrine et de discipline, e^ que, sur ce dernier point en particulier, c'est la question de la cène qui le préoccupe essentiellement. On verra par la suite quel rôle prépondérant cette question de la cène a joué dans l'établissement régulier et le développement de la dissidence au milieu de nous.

A cette lettre, communiquée dès le lendemain par son auteur à l'académie, le conseil d état répondit, le 19, par un arrêté qui destituait Ch. Rochat comme ses prédécesseurs et dans les mêmes termes. Mais, sur ces entrefaites, avaient paru coup sur coup le fameux arrêté du conseil d'état du 15 janvier et les circulaires du 46 et du 17. Ces pièces ont une telle importance dans l'histoire que nous retraçons, que nos lecteurs nous sauront gré de les mettre in extenso sous leurs yeux. Elles sont une réponse au manifeste du 24- décembre ; une déclaration ouverte d'hostilité bru-

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