‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 19 sur 243 · LIVRE · texte numérisé non relu

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ment aussi fort que possible, il l'est beaucoup moins dans la pratique, et, au point de vue de la doctrine, il ne l'est guère que pour !a forme. Si la centralisation ne tient pas compte de certaines habitudes et de certaines situations locales, d'un autre côté, elle enlève aux rapports de la religion et de la loi ce que ces situations locales auraient pu leur communiquer de trop personnel, d'abusif, de mesquin. En. somme, le pouvoir central, assez indifférent à la question dogmatique, assez étranger aux compétitions de clocher, ne veut, en se réservant la haute main dans les affaires ecclésiastiques, que s'épargner des embarras politiques Rassuré sur ce point, il serait, semble-t-il, assez disposé à donner à la religion ou à lui laisser prendre une plus grande mesure de liberté. 11 est remarquable qu'à cette époque, — celle de la république helvétique, — on voie surgir au sein des conseils de la nation des idées et des vues sur l'indépendance de la société religieuse, que l'on ne s'attendrait point à entendre énoncer en un tel temps et en un tel lieu. Quelques-unes de ces idées devaient paraître d'autant plus avancées, que de nos jours encore elles sont envisagées par beaucoup d'esprits comme singulièrement révolutionnaires1. Ceci présente, à nos yeux, assez d'intérêt pour que nous nous y arrêtions un moment.

1 En 1798, les pasteurs du Léman s'attendaient à ce que la fixation du jour du jeûne pour le 6 septembre de cette année-là serait suivie d'un mandement du gouvernement helvétique, parlant injonction au peuple de solenniser ce jour. Le préfet naiional. M. Polier, par circulaire du 24 août, leur rappelle que « la constitution helvétique, en consacrant le principe de la liberté des cultes, n'impose au directoire exécutif d'autres devoirs à cet égard, que celui de surveiller leur exercice par des délégués dans le canton. » C'est dans ce même temps que le doyen ///*, de Berne, écrivait ceci dans son Essai sur les rapports de l'état avec l'église, (1798): * La religion ne doit jamais être l'objet direct de la législation; » et citait ces paroles de Mirabeau: « Comprendriez-vous ce que l'on voudrait vous dire, si l'on vous parlait d'une conscience nationale? Eh bien! la religion n'est pas plus nationale que la conscience. » (1791.)

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