CHAPITRE XIII
Le pasteur Auguste Rochat donne sa démission. — Importance de ce fait. — Caractère de Rochat.
Plus d'une fois déjà, nous avons eu l'occasion de parler du ministre Auguste Rochat, dont le nom est devenu en quelque sorte le drapeau de la dissidence dans le canton de Vaud. « La
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paroisse de Bière, dont il était le pasteur, s'étendait d'un côté jusqu'à celle de L'Isle, et de l'autre jusqu'à celle d'Aubonne, ou peu s'en faut. En conséquence, bien que Chavannes eût quitté Aubonne dans le temps même où Rochat s'établissait à Bière, on conçoit le grand intérêt que celui-ci dût prendre aux circonstances de ces deux paroisses voisines, car il était évident que de grandes choses s'y commençaient pour s'achever peut-être ailleurs'. » Lorsque Chavannes et Juvet eurent été destitués et que F. Olivier eût donné sa démission , Auguste Rochat « n'eut pas de peine à discerner de quel côté était l'erreur, et de quel côté la droite voie, où le prince des ténèbres et où le Seigneur, et, avant la fin de l'année, il avait déjà sérieusement agité en lui-même et devant Dieu la question de sa retraite2. » Aussi, sept jours après l'arrivée de l'arrêté du 15 janvier, soit le 22 du même mois, il adressait au conseil d'état la lettre suivante :
Très honorés monsieur le landammann et messieurs les membres du conseil d'état, Depuis longtemps je sentais que les raisons de séparation qu'ont alléguées ceux qui se sont séparés de l'église nationale avaient une grande force et méritaient qu'on y réfléchît. Si quelque chose me retenait encore dans l'église nationale, c'était surtout l'espérance qu'avec le temps les abus signalés comme existant dans cette église pourraient être aperçus par la généralité des pasteurs, qu'on en viendrait à les corriger, et que le corps des pasteurs de ce canton en viendrait aussi à prêcher une doctrine conforme à l'Evangile et à notre confession de foi helvétique. J'espérais ; je priais Dieu notre Père d'écouter la voix du sang de son Fils en faveur de notre église nationale et d'y ramener par son Saint-Esprit la foi et le zèle de nos pères les réformateurs. Tout en prêchant franchement la vérité, telle que je la lisais dans l'Evangile, je cherchais à mettre dans mes démarches une prudence qui n'a peut-être été poussée que trop loin. Je me disais: Il faut patienter; peut-être la vérité se ferat-elle jour; peut-être l'église nationale en viendra-t-elle à reconnaître
1 L. Burnier, Notice sur Aug. Rochat, pag. 100.
2 Idem, pag. 101.