CHAPITRE II
La doctrine officielle et la prédication. — Le peuple vaudois et la vie religieuse.
— Influence de la révolution helvétique. — Projet d'anéantir le christianisme.
— La littérature religieuse de l'époque.
Sauf les quelques communes du bailliage d'Echallens qui demeurèrent catholiques, la réformation de 4536 s'était emparéedu pays de Vaud tout entier. Elle avait fait de notre peuple un peuple protestant par ses doctrines religieuses, par ses formes d'église et par sa profession extérieure. Nous ne disons pas que la réformalion en avait fait un peuple chrétien dans le sens étroit de ce mot. Ce qu'il y a de sûr pourtant, c'est qu'elle l'avait placé en présence d'un christianisme plus pur, plus vivant et plus efficace que cela n'avait été le cas pour lui pendant les siècles de la ténébreuse domination du catholicisme romain.
Les lois civiles, les lois consistoriales qui, toutes, émanaient de l'autorité souveraine de Leurs Excellences de Berne, envisageaient le peuple politique du pays de Vaud comme faisant un avec le peuple de l'église. « On naissait et on grandissait tout