PRÉFACE
Pendant plusieurs années, un long séjour à l'étranger d'abord, des changements de paroisses ensuite, m'ont forcé à renvoyer de jour en jour les recherches auxquelles je comptais cependant toujours me livrer. Enfin, il y a bientôt huit ans, je l'ai dit, faisant violence à quelque paresse peutêtre, et certainement à des motifs plus avouables, par une froide soirée d'hiver, je recueillis les premières notes qui ouvrirent la voie à des études que je ne crains pas de qualifier de nombreuses, longues et consciencieuses. Ce travail, entrepris et poursuivi dans le sentiment d'une grande faiblesse personnelle, mais que je bénis Dieu d'avoir pu conduire jusqu'ici , m'a offert un intérêt croissant ; je dirai même que , dans les moments difficiles que j'ai eu à traverser, dans les temps de lassitude morale et de découragement, il a été pour moi un précieux réconfort. Je souhaite que les résultats de ce travail fassent partager à quelquesuns de mes lecteurs, si ce n'est à tous, les impressions que j'ai si souvent éprouvées moi-même. Je n'ignore pas que tous ne verront pas les choses du même œil que moi et je n'ai pas la présomption de croire que tous seront également satisfaits; plusieurs même, je le crains, m'en voudront d'avoir remué un passé qui n'est pas tout à l'honneur de notre pays et de notre peuple. Mais quoi! j'ai cherché la vérité, et lorsque j'ai cru l'avoir trouvée, je l'ai dite. A plus juste titre que le philosophe sceptique du Périgord, je puis donner cet ouvrage comme un livre de bonne foi. Si je me suis trompé dans mes appréciations, soit en bien, soit en mal, c'est que, tout comme un autre, je puis errer. Je n'ai eu qu'une passion en écrivant, celle de la vérité; je n'ai eu qu'une haine, celle de l'intolérance qui est la négation de