‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 62 sur 243 · CHAPITRE IH. JOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH. JOI

accessible aux influences qui commençaient à se faire sentir au chef-lieu de notre canton. Si nous avons constaté l'existence, à Ja Cité, de quelques petites réunions d'édification, nous ne pourrions pas ajouter qu'il en fût exactement de même dans le quartier de Bourg. Ce serait peut-être faire violence à la vérité que d'envisager comme un indice de besoins nouveaux, les prédications de salon du comte de Golowkin.

Le comte Théodore de Golowkin, riche seigneur polonais ou russe qui avait joui d'une grande faveur auprès de Catherine U, avait été ambassadeur en France. Il possédait des maisons de plaisance près de Paris et à Thoune, mais il s'était fixé depuis quelques années dans notre pays, où des relations de famille l'avaient attiré. Sa sœur, Mme d'Aruffens, habitait la rue de Bourg, et c'est dans son salon que le comte de Golowkin lisait, de temps à autre, devant une société choisie, des morceaux plus littéraires et philosophiques que religieux et auxquels leur auteur donnait le titre grotesquement naïf de Sermon sur V usage de la vie (1814), Sermon sur l'usage du cœur (1817), etc., etc. Dans ces réunions, où rien ne rappelait l'idée d'un culte, mais où l'on se rendait pourtant avec un certain sérieux, on cherchait des distractions d'un nouveau genre, tout en buvant du thé et de l'eau sucrée. L'auteur de ces singuliers essais était, paraît-il, obsédé du désir de prêcher réellement ses sermons et c'est dans le temple de Bussigny qu'il aurait voulu pouvoir les prononcer. M. Golowkin avait la prétention de donner, dans ses compositions, des modèles du genre et de réagir ainsi contre la prédication alors en usage, et il ne s'apercevait pas que ses sermons présentaient un curieux mélange de petite psychologie et de morale pélagienne, tout en laissant absolument de côté l'idée du salut. C'est à peine même si le nom du Sauveur se rencontre dans ces pages. Avons-nous besoin d'ajouter que tout cela n'eut aucune influence sur le mouvement religieux qui a préparé le

réveil ? Tout au plus pourrions-nous y découvrir un signe des préoccupations naissantes l.

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