CHAPITRE IV
d'autres locaux et en présence d une nombreuse assistance, devaient contribuer puissamment à donner du relief à l'œuvre et en favoriser le développement.
Il est un côté important de l'activité de la société biblique sur lequel il nous semble opportun d'attirer dès maintenant l'attention de nos lecteurs. Nous voulons parler de la révision de la Bible oVOsterwald.
On sait à combien de critiques la traduction de l'illustre pasteur de Neuchâtel a prêté le flanc. Et certes, il faut bien que ces critiques fussent justifiées pour que les fondateurs de la société biblique du canton de Vaud qui, tous, on peut en être sûr, vénéraient profondément Osterwald, et qui, du reste, ne péchaient pas par un excès d'audace, aient senti le besoin de réviser cette version. Or c'est là un besoin qui se manifeste chez eux de très bonne heure et qui exige bientôt une légitime satisfaction.
C'est déjà en octobre 4816 que la révision est projetée, mais le travail ne commence, en réalité, qu'en 1 81 8 1 . La veille de Pâques de cette année-là, la première feuille sortait de presse. En 1819, la révision, sa correction et son impression in-4° à 10000 exemplaires absorbent toute les forces de la société, toute son attention*. En 1821 enfin, le tirage de la Bible entière était achevé.
Malheureusement cette Bible dite de la Révision ou de 4822, ne devait pas répondre aux intentions et aux espérances de ceux
* Ce travail fut confié à un comité composé de MM. A. Leresche, professeur en théologie; F. Chavannes, pasteur à Lausanne; Mellet père, ministre et régent de la seconde classe, et Aug. Rochat, ministre.
2 Rapport de cette année-là.
qui l'avaient entreprise. En réalité, l'œuvre était manquée. A la place d'une révision exacte, on avait une traduction paraphrasée qui affaiblissait la pensée des auteurs sacrés et qu'on put accuser de l'altérer quelquefois.
Les fautes et les erreurs de la version de 1822 ne tardèrent pas à frapper tous les lecteurs sérieux et elles rendirent, dans la suite, un nouveau remaniement indispensable. En outre, cette version fut fatale à la société biblique. Elle lui enleva la sympathie de beaucoup de chrétiens et en particulier de la société biblique anglaise, aux suffrages de laquelle Levade tenait si fortement.
Après 1830 et dès 1835, une nouvelle version, corrigée de manière à rendre l'original avec plus d'exactitude et de clarté, fut publiée en un format in-4°, à 4000 exemplaires, et livrée au public. Cette fois-ci, les apocryphes se trouvèrent supprimés.
L'un des plus puissants moyens d'action de la société biblique fut, à coup sûr, la fondation ou l'établissement de sociétés filles ou auxiliaires. De 1819 à 1826, il s'en établit dans le canton plusieurs qui, pour la plupart, avaient leur siège à Lausanne.
La première en date est V association biblique des dames (1819, 10 février)4. Pour en faire partie on s'engageait à donner annuellement une Bible ou sa valeur, 5 fr. Chaque année avant les communions de Pâques, le comité réunissait l'association, et on décidait à quelles jeunes filles pauvres on donnerait des Bibles. Les donatrices se chargeaient de surveiller ces catéchumènesfilles. Entre autres détails curieux et naïfs du rapport de 1821,
1 Un capital de 1000 fr. (de Suisse) fut donné à cette société le jour de son organisation, et cette fondation fut faite sous le nom d'une femme religieuse (Mme Levade), morte à Lausanne le 27 septembre 1818.