‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 69 sur 243 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

il est dit que cette aimée, la société des dames féunies sous la présidence de Mme Boguin-de Bons, entendit de touchantes exhortations de M. le ministre Auguste Rochat. Ce qu'il y a de piquant, c'est que, peu de temps auparavant, ce même Auguste Rochat avait été trouvé trop exagéré dans ses tendances pour être appelé à faire un culte au sein de la société des dames.

C'est encore en 1819 que prit naissance, à Lausanne, la société auxiliaire fondée par le corps entier des proposants, au nombre de 66. Le produit de h collecte annuelle devait être distribué sous forme de Bibles, et, à l'époque de leur consécration, aux jeunes ministres qui recevaient l'imposition des mains ou qui se présentaient pour le service des suffragances pastorales.

Cette association, dont la fondation est encore due à l'initiative de M. Levade, n'eut qu'une existence éphémère, et le rapport de 1826 constate qu'elle avait été momentanément suspendue pour recevoir une organisation plus régulière. Dès lors il n'est plus question d'elle.

Mais précisément à cette même époque, une autre société, qui embrassait tout le canton, et qu'il ne faut pas confondre avec la société biblique auxiliaire générale, s'organisait sur différents points en faveur de tous les catéchumènes pauvres auxquels leurs parents ne pouvaient fournir de Bible. Cette société se présentait sous le nom modeste de Petite société biblique. Combien de temps a-t-elle duré? Nous l'ignorons.

Dès janvier 1826, Y église allemande, sous l'impulsion de son pasteur, M. Scheler, fondait aussi une société de Bible pour les Allemands du canton.

En 1827, M. de Blonay attachait son nom à une association de même nature, et l'année 1828 voyait apparaître la société des dames allemandes.

Ce n'est pas tout. En dehors de Lausanne, nous rencontrons des sociétés bibliques à Vevey (1821), à Nyon (1822), à Ormontdessus, à Morges (1826), etc.

MOUVEM. RELIG. I.

Pour se distinguer de ces diverses sociétés, ses filles ou ses pacifiques émules, la société fondée en 1814- s'appelait sociétémère, et le vénérable Levade déclarait en 4828 que la société à laquelle son nom s'est dès lors trouvé indissolublement uni, considérait les autres du même œil qu'un bon père voit ses enfants et ses héritiers. Elle touche, ajoutait-il, au moment de les mettre en possession d'un champ qu'elle a défriché pendant quinze ans et arrosé de ses sueurs.

Pour le fondateur de la société biblique, le moment était venu de chercher quelque repos; il sentait que le terme de son activité individuelle était arrivé. Après avoir longtemps occupé la première place, il voyait des hommes plus jeunes travailler avec ardeur à une œuvre qui commençait à exciter une sympathie générale.

La citation que nous venons d'emprunter au dernier discours prononcé par Levade, nous invite naturellement à jeter un coup d'œil sur les résultats appréciables de l'œuvre de la société biblique dans notre canton. Nous disons les résultats appréciables, car il est bien évident qu'à Dieu seul appartient la connaissance exacte et complète du bien produit par une association fondée sous son regard.

Une large diffusion des livres saints est un premier résultat important et facile à constater. Depuis la fondation de la société jusqu'en 1825, c'est-à-dire pendant un laps de dix ans, près de 7000 Bibles avaient été distribuées, sans compter un nombre plus grand encore de Nouveaux Testaments. Aussi le rapport de cette année-là affirme-t-il qu'il s'est vendu plus de Bibles et de livres moraux et religieux dans les vingt-cinq premières années de ce siècle que dans tout le cours du siècle passé. Nous pouvons ajouter avec assurance que c'est surtout pendant les dix der-

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