‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 70 sur 243 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nières années de ce premier quart de siècle que ces distribulions s'étaient accomplies.

Les rapports de la société de Bible signalent, en outre, le fait de grands progrès spirituels dans le canton ; progrès qui se manifestaient en particulier dans une fréquentation plus assidue et plus générale du culte public et dans l'établissement d'un culte domestique dans le sein de beaucoup de familles.

Les candidats en théologie, nous l'avons vu, se trouvèrent, eux aussi, placés sous une influence salutaire qui a certainement porté ses fruits chez nombre d'entre eux.

Rien, à la vérité, ne nous surprend dans ces résultats de l'œuvre biblique; ils sont les effets naturels d'une telle œuvre, et nous n'avons pas, en les mentionnant, la pensée de provoquer chez nos lecteurs une admiration qui aurait pour objet les efforts de l'homme. Mais il est juste, cependant, de faire à la société biblique une large part dans le mouvement religieux qui a caractérisé l'histoire intérieure de notre canton après 1814. Le germe die réveil était là, nous disait un vénérable pasteur témoin lui-même du réveil. On a peut-être trop oublié ou même méconnu le rôle joué par la société biblique à l'origine du mouvement dont notre pays a été le théâtre. De ce que les fonda teurs de cette société ne se sont pas montrés au premier rang parmi les ouvriers du réveil; de ce que même plusieurs d'entre eux se sont plutôt rangés parmi ses adversaires, nous ne sommes pas autorisés à conclure que si la société biblique n'avait pas vu le jour, le réveil ne s'en serait pas moins fait. Cette conclusion serait souverainement injuste et de plus illogique. La Bible se trouvera toujours au point de départ, à la base de toute renaissance spirituelle, et alors même que la société biblique n'aurait pas élevé très sensiblement le niveau moral et religieux de notre peuple, encore serait-il vrai qu'elle a fortement contribué à répandre le moyen matériel premier du relèvement. C'est là un titre de gloire qui ne lui sera point ôté et que les

chrétiens du canton de Vaud se plairont toujours à lui reconnaître.

Eu égard aux temps qui ont vu naître la société biblique et aux circonstances au sein desquelles elle a déployé son activité, nous pouvons donc dire que le bien qu'elle a fait a été grand. Elle a attiré l'attention publique sur l'importance et sur la nécessité pour la vie chrétienne de la lecture des livres saints ; elle a réveillé les besoins auxquels la Bible seule peut donner satisfaction ou pour lesquels du moins elle indique seule la source de toute vraie satisfaction. Elle a préparé le terrain au mouvement religieux dont elle a été le premier symptôme apparent ; elle l'a rendu possible en excitant de nouveau l'intérêt pour les vérités révélées. Toute œuvre qui a pour but de faciliter un rapprochement entre l'homme et Dieu, et qui travaille à atteindre ce but par la diffusion de l'Evangile, ne peut manquer d'être bénie.

Nous ne rechercherons point s'il n'y a pas eu quelque raideur, quelque formalisme dans la méthode adoptée par la société biblique, dans sa manière de procéder. Elle distribuait la Bible sans notes ni commentaires et, en cela, elle agissait déjà selon l'esprit quia dirigé, dès lors, toutes les sociétés bibliques réellement évangéliques. Cependant, n'eût-il pas mieux valu éclaircir parfois le texte par quelques notes choisies avec tact et sobriété, que d'offrir aux âmes, mêlé à la saine et forte nourriture de la Parole inspirée, l'aliment tout humain et souvent malsain, renfermé dans les livres qu'à juste titre on exclut du canon des Ecritures? L'usage d'insérer les apocryphes dans le recueil sacré a été, pensons-nous, une cause d'affaiblissement pour la société. Cet usage souleva contre elle des critiques assez accentuées pour que, dans l'assemblée générale de 1827, le président crût nécessaire d'en essayer la réfutation publique. Cette réfutation ne porta pas coup, et la société fut bien obligée dans la suite de faire droit aux réclamations.

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