CHAPITRE V
La première société des traités dans le canton de Vaud et Mlle Greaves. — L'activité religieuse de celle-ci. — Diverses publications du genre traité. — Les causes du mouvement religieux. — La disette de 1816.
Nous avons vu que, sous le nom général de société biblique, Levade avait fondé une société de bible et une société des traités. C'est donc également à partir de 1814 que l'idée de répandre de
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petits ouvrages religieux, populaires, s'est fait jour parmi nous. Seulement les deux sociétés que nous venons de nommer étaient deux branches d'une même souche, et dont l'une, après avoir été la plus vigoureuse, devait promptement absorber l'autre.
Aujourd'hui le traité est tellement entré dans nos mœurs religieuses, il est devenu un si grand moyen d'évangélisation et de propagande spirituelle que, s'il venait à disparaître, son absence produirait un étonnement tout autrement considérable que celui qui se manifesta au jour où il apparut pour la première fois dans notre pays. Une lacune très sensible se ferait sentir aussitôt dans les moyens dont le chrétien dispose actuel- 0 lement pour agir sur son prochain dans le sens de l'instruction comme dans celui de l'édification.
Dans le mouvement religieux qui caractérise le premier tiers de notre siècle, l'œuvre des traités se présente comme une dépendance naturelle et nécessaire de l'œuvre biblique. Il semble que, grâce à elle, le saint livre ait rencontré un plus facile accès, comme si le traité avait eu pour mission particulière d'attirer l'attention sur les choses de Dieu et de réveiller des besoins tro p longtemps assoupis. Semblable à cette parole dite à propos que les Proverbes comparent à des pommes d'or dans des paniers d'argent, le traité a joué certainement un rôle très appréciable et très heureux dans le réveil dont notre pays a été favorisé. Dans la multitude des productions de cette nature, la médiocrité pourrait, il est vrai, en réclamer comme sienne une part encore trop grande. Une critique sobre et respectueuse aurait assurément encore bien des réserves à faire et plus d'un doute à émettre. Mais, à côté de cela, de combien de perles ne signalerait-elle pas la présence parmi beaucoup de scories ! Or les bons traités ont été, dès l'origine, assez nombreux, pour que le chrétien doive éprouver une sincère reconnaissance envers les sociétés ou les individus qui ont été les promoteurs et les soutiens de cette belle œuvre.