‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de VaudChapitre 76 sur 243 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Avant de clore cette revue sommaire des publications religieuses qui, patronées ou non par la société Levade, rentrent bien décidément dans le genre traité, il ne sera pas inutile de dire quelques mots de deux ou trois opuscules que l'on peut rattacher assez naturellement à l'œuvre de la société elle-même.

A la fin de 4817 parut un Essai pratique sur l'œuvre du Saint- Esprit, sans nom d'auteur, mais traduit de l'anglais. Cette brochure était munie d'un permis d'imprimer délivré par le censeur des livres, Daniel-Alex. Chavannes. Le traducteur, M. Henri de Polier-Vernan, ancien préfet national du Léman, fit, en 1818, don de 500 exemplaires de cette brochure à la société des traités et la fit distribuer, au nom de la société, dans toutes les parties du canton. UEssai lui-même n'avait rien de remarquable ni pour le fond ni pour la forme; mais la doctrine en était saine, et, sous ce rapport, elle pouvait paraître assez nouvelle à ceux auxquels l'œuvre du Saint-Esprit était devenue une doctrine trop étrangère.

Disons également un mot d'une Lettre sur les principes de la foi chrétienne, écrite par Hannah Sinclair et traduite par D. Levade, professeur en théologie. (1819). L'auteur, une jeune anglaise, était morte à Lausanne en 1818. Cette Lettre expose d'une manière intéressante et avec beaucoup de connaissance, de foi et de vie spirituelle, les principes du christianisme. Le traducteur crut devoir y joindre un résumé fait par lui-même et qui est loin d'avoir l'onction de l'ouvrage principal.

Nous n'avons pas à parler ici de quelques écrits d'un intérêt incontestable au point de vue général de la littérature du réveil, comme des Conversations entre un pasteur et son paroissien, par A. Rochat (dont la deuxième édition parut en 1818), et que, selon M. L. Burnier, Rochat regretta plus tard d'avoir publiées. L'exa-

men de soi-même pour la communion, par C. Rochat (même année), pas plus que le précédent, ne rentre directement dans l'œuvre de la société des traités. Nous devons cependant mentionner la Conversation de deux Vaudois sur la sanctification du jour du repos, ouvrage qui parut à Lausanne en septembre 1817, parce ce que ce traité, dont l'auteur était le ministre Vallouy, fut imprimé aux frais de trois Anglais, parmi lesquels nous trouvons MIle Greaves. Le dimanche est assimilé au sabbat juif ; de là une forte teinte de légalisme et l'absence de l'idée chrétienne du privilège attaché au repos hebdomadaire. En outre, il y a dans ces pages peu de spiritualité, des lacunes étonnantes relativement à la position prise par Jésus-Christ vis-à-vis de la loi, une tendance très marquée à faire découler l'obéissance à la loi de l'effort individuel et humain.

Après cette digression un peu longue, mais qui nous a paru nécessaire, reprenons le fil de notre histoire.

En 1821, la gestion de la société avait été presque suspendue pour suivre à l'entreprise de la révision et de l'impression de la Bible. Néanmoins, ajoute le rapport de cette année-là, plusieurs personnes ont suppléé à ce que la société ne pouvait exécuter, et des milliers de traités ont été distribués dans le canton. En 1826, le rapport constate que h société, quoique silencieuse, n'était pas moins en activité et, à ce propos, le rapporteur annonce que le capital en a été fixé à 3000 fr. de Suisse. Enfin, en 1828, nous voyons que, sans avoir interrompu ses travaux, la société, par des considérations de prudence et de paix, s'était bornée à mettre en circulation des ouvrages peu nombreux, mais dont l'utilité ne pouvait être contestée par aucune classe de chrétiens.

Des divergences d'opinions religieuses s'étaient manifestées

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