CHAPITRE VIII
M. Haldane raconte lui-même1 que son action commença très modestement par un entretien avec un étudiant en théologie (M. James). Celui-ci ne tarda pas à lui amener un de ses condisciples (Ch. Rieu). Haldane les trouva l'un et l'autre dans une ignorance complète des doctrines bibliques. On se souvient en effet de ce qu'était l'enseignement théologique dans la faculté de Genève, et, quant à la prédication, les doctrines et les exemples des philosophes païens, joints à la recommandation d'une morale très légère, le tout accompagné des ornements de Varl oratoire, en formaient les sujets généraux : le nom du Sauveur n'était que rarement et légèrement mentionné2. Le moyen dont Haldane se servit pour instruire les étudiants, fut de leur expliquer VEpî tre aux Romains. Dans sa Lettre à M. Chêne vière, il résume son interprétation de cette épître et présente ainsi une solide apologie de son enseignement. Son influence fut grande et bénie. N'oublions pas cependant que, d'après le témoignage de Bostet des faits mêmes que nous avons cités plus haut, le réveil était déjà là ! Seulement la théologie de ce réveil (1816) était faible; il lui manquait la précision dans les vues et une base strictement scripturaire ; voilà ce que M. Haldane lui apporta3.