‹ Histoire du Moyen AgeChapitre 14 sur 65 · BU · texte numérisé non relu

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de Pépin, lui était odieux : il vint se fixer en Neustrie et y retint les principaux leudes ostrasiens, surtout Pépin , qu'il voulait, dit-on, faire tuer.« Mais, considérant que sa dignité en serait ébranlée, il changea de dessein l. » La pompe de sa cour, son amour pour les arts, le choix des hommes illustres tels qu'vEga, saint Ouen, saint Eloi, qu'il avait pour ministres, lui donné-* rent une immense renommée. Au milieu de l' affaiblissement des autres peuples barbares, l'Empire franc devint l'arbitre de l'Occident. Dagobert établit le roi Sisenand sur le trône d'Espagne, força les Lombards à respecter leur reine Gondeberge, sa parente , et conclut une paix éternelle avec l'empereur d'Orient Héraclius.

Guerre contre les Slaves. — Tous les voisins des Francs, Allemands, Saxons, Frisons, Bavarois, Lombards, étaient tributaires. Seuls, les Wenèdes , peuple slave habitant le bassin de l'Elbe, s'étaient rendus indépendants, sous un aventurier franc, nommé Samon, qu'ils avaient pris pour roi. Attaqué par Dagobert, ce chef intrépide battit les Ostrasiens à Wogastibourg et envahit la Tburinge. Ce revers empêcha le roi des Francs de donner asile à une tribu de Bulgares que les Avares avaient chassés des bords du Danube, et qui s'étaient réfugiés en Bavière. Craignant que ces étrangers ne fissent cause commune avec les Slaves, il les fît tous égorger, et préféra confier la défense de la frontière aux Saxons, en leur remettant le tribut de cinq-cents bœufs, que leur avait imposé Clotaire II.

Séparation de VOstrasie et de la Neustrie.— Mort de Dagobert. — « Si les Ostrasiens avaient été battus, dit Frédégaire, ce n'était pas tant par le courage des Wenèdes que par l'abattement où ils étaient tombés, se voyant haïs de Dagobert et continuellement dépouillés par lui. Comme les ravages des Wenèdes continuaient, Dagobert vint à Metz, et, par le conseil des grands et des évèques, il établit roi d'Ostrasie son fils Sigebert, sous la tutelle de Cunibert, évêque de Cologne, et du duc Adalgise (633). Dès lors les Ostrasiens reprirent courage et se défendirent vaillamment contre leurs ennemis, »

Judicael, duc des Bretons, ayant fait des incursions dans les provinces voisines de son territoire, Dagobert menaça d'envoyer contre lui l'armée qui revenait d'une expédition en Gascogne. Le chef breton se hâta de se rendre à Clichy, et en échange de sa soumission obtint de riches présents. En paix de tous côtés, Dagobert, qui venait d'avoir un second ûls.ClovisII,

i Vie <U Pépin de Landen.

voulut prévenir toute discussion entre ses héritiers en confirmant rOstrasie à Sigebert et en assignant à Glovis la Neustrie et la Bourgogne. 11 réunit ensuite au palais de Garches les grands des trois royaumes et leur donna lecture de son testament, par lequel il distribuait aux églises la plus grande partie de ses richesses. Tous le confirmèrent par serment. Quoique la jeunesse de Dagobert ne pût faire pressentir une fin aussi prochaine, il fut atteint peu après de la dyssenterie et expira à Saint-Denis le 19 janvier C38.

Ce prince est le dernier Mérovingien qui ait réellement porté le sceptre, et son règne est assurément l'époque la plus brillante de Thistoire des Neustriens. Il fit rédiger les lois salique et ripuaire, construisit une foule d'églises, rebâtit F abbaye de Saint-Denis, qu'il décora avec une magnificence extraordinaire, et la destina à la sépulture des rois. Après lui, l'empire qu'il avait restauré allait se dissoudre, et le pouvoir aristocratique, un moment comprimé, réduisit ses faibles successeurs à l'impuissance et à l'obscurité.

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