‹ Histoire du Moyen AgeChapitre 19 sur 65 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

fut la seule que Pérozès voulut souffrir dans ses Etats. Un nestorien siégea à Séleueie,et l'école syriaque de Nisibe propagea le neslorianisme dans l'Arabie, dans l'Inde et jusque dans la Chine.

Hérésie d'Eulychès. — Pour éviter de tomber dans l'erreur de Neslorius, Eutychès se jeta dans l'excès conlraire et il enseigna que, des l'instant de l'incarnation, il n'y avait eu dans Jésus-Christ qu'une seule personne et qu'une seule nature. Poursuivi par le patriarche Flavien, il en appela à un concile oii Dioscore, successeur de Cyrille, usa d'une violence scandaleuse pour faire donner gain de cause aux hérétiques. Le malheureux patriarche, accabléde coups, expira trois jours après (449). Ce concile ou plutôt ce conciliabule d'Ephèse, justement flétri du nom de brigandage, inspira des craintes au pape Léon, qui voulut ranimer la foi chancelante* de Théodose, et obtint de Marcien la convocation d'un concile général à Chalcédoine (451). Celle assemblée déposa Dioscore, el reçut parmi les livres canoniques le tome de Léon qui décidait que le Christ existait en une seule personne et en deux natures.

Toutefois les querelles ne furent point apaisées. Jérusalem fut inondée de sang et la populace d'Alexandrie se souleva contre le successeur orthodoxe de Dioscore. Ces troubles remplirent tout le règne de Léon Ier, qui ne put triompher de l'opiniâtreté des monophysites, c'està-dire des partisans d'une seule nature en Jésus-Christ. V nenoticon ou éilit d'union, publié par Zénon en 482, eut poup but de satisfaire les deux partis; mais le pape Félix III refusa de reconnaître cette décision impériale, qui, soutenue par les trois patriarches de l'Orient, causa le premier schisme de l'Eglise grecque avec le Saint-Siège.

Séditions sous Anastase. — Sous le règne d'Anastase les querelles religieuses recommencèrent à propos d'une formule introduite dans la litanie et attribuée à un évèque eutychien. Le peuple de Constantinople, repoussant cette innovation, voulut chasser l'empereur attaché en secret à la doctrine proscrite, et Anastase se vengea en déposant le patriarche Macédonius. Mais bientôt une nouvelle sédition mit l'empereur à la merci de ses sujets. Il fut obligé de sacrifier ses minisires et vit , sans pouvoir s'y opposer, l'ambitieux Vitalien dévaster la Thrace avec une armée de Barbares, sous prétexte de venger Macédonius. Celle guerre, qui coûta la vie à soixante-cinq mille chrétiens, ne s'apaisa que par le rappel des évêques exilés et par la ratification du concile de Cnalcédoinc. Anastase mourant signa ce traité, dont les conditions furent fidèlement remplies par son successeur (518). Mais Justin, voyant pour l'empire une cause de ruine dans l'hérésie , punit trop sévèrement ceux même qui en étaient soupçonnés ; cinquante-quatre évêques furent arrachés de leurs sièges et huit cents ecclésiastiques emprisonnés. Toutefois la doctrine d'Eutychès, comme celle de Nestorius, se répandit dans l'Orient, où elle subsiste encore. Sévère, patriarche d' A ntioche , fixa avec subtilité les dogmes des monophysites qu'il propagea en Egypte. Jacques Baradée rendit aussi à cette secte un service signalé en rassemblant les débris dispersés des Eutychiens, qui prirent de lui !e#nom de Jacobiies.

Les Jacobiies en Perse, — Justinien, qui prétendait au titre de théologien, mais à qui l'Eglise reproche de s'être jeté dans Terreur des tncor-

ruptibles*, témoigna un grand zèle pour là prédication du christianisme en Orient ; mais il n'obtint que la conversion précaire des peuples sauvages qui habitaient le Caucase et la côte orientale du Pont-Euxin. Les rigueurs qu'il continua d'exercer contre les dissidents eurent pour résultat d'augmenter le nombre des sujets de l'empire établis en Perse. La politique de la cour de Ctésiphon favorisa toujours ces émigrations religieuses, et après la prise d'Apamée et d'Autioche, trois cent mille Jacobites eurent la permission de venir dans les Etats du grand roi élever des autels rivaux en face de ceux des Nestoriens.

Propagation du christianisme dans la Haute- Asie et en Afrique. — Malgré cet antagonisme et malgré les maux qu'entraînait avec lui le despotisme oriental , l'Eglise nestorienne de Perse se constitua assez fortement pour se propager au dehors. Si l'on en croit le voyageur Gosmas, le christianisme sous celte forme altérée prit un rapide essor dans toute la Haute-Asie pendant le sixième siècle. Les missionnaires nestoriens se répandirent de la mer Caspienne aux vallées de l'Imaûs et depuis le golfe Persique jusqu'à Pile de Ceylan et à la côte du Malabar, où saint Thomas avait porté l'Évangile à l'époque de la dispersion des apôtres. Olopen et ses compagnons allèrent même jusqu'en Chine ; et malgré l'horreur des Chinois pour toute innovation venue de l'étranger , l'empereur Taï-Tsong permit le libre exercice du culte nestorien à Sigan-Fou, capitale de son empire (636). Des monuments authentiques ne permettent pas de douter que l'existence du christianisme à la Chine et au Catnay ne se soit prolongée jusqu'au treizième siècle, sous la direction de métropolitains venus de la Perse. Mais l'invasion musulmane dut arrêter le développement de la propagande nestorienne dans l'Asie centrale, en obligeant les dissidents, comme les autres chrétiens, à lutter sans cesse pour la conservation de leur foi. Cependant un historien des Croisades calcule que le nombre des églises nestoriennes et jacobites surpassait encore de son temps celui des églises grecques et latines. Répandus dans un espace de pays considérable , tous les nestoriens reconnaissaient pour chef le catholique de Babylone, qui tous les six ans recevait des églises les plus éloignées un témoignage d'obéissance.

Les monophysites n'obtinrent jamais une inQuence comparable à celle des nestoriens, et après la conquête de la Syrie par les Arabes, leurs églises furent à peu près réduites au diocèse de Mossoul. Il n'en fut pas de même en Egypte, où leur doctrine avait jeté des racines profondes. Justinien déposa le patriarche Théodose, disciple de Sévère, et ordonna de sanglantes exécutions à Alexandrie sans pouvoir comprimer des troubles toujours renaissants. La bienfaisance et la douceur de Jeanl'Aumônier (580-606) n'eurent pas plus d'effet sur des âmes aigries; et peu à peu les Egyptiens, exclus systématiquement des emplois publics, se regardèrent comme étrangers à l'empire d'Orient. Aussi les victoires de Chosroès II les trouvèrent indifférents, parce qu'ils espéraient de sa part plus de tolérance. Héraclius, en reprenant possession de l'Egypte

i C'était le nom quo se donnaient ceux qui n'admettaient pas comme réelles la Passion et la mort du Sauveur.

(625) persécuta de nouveau les Jacobites autant comme traîtres que comme dissidents. Mais le patriarche Benjamin, en s'enfuyant dans le désert , crut entendre une voix qui lui annonçait le prochain secours d'une nation étrangère. Ainsi s'expliquent les rapides succès des Arabes et la facilité de leur établissement sur les bords du Nil. Cette Eglise jacobite , aujourd'hui réduite à la plus profonde misère,

(>orta malheureusement avec ses erreurs les premières semences de a foi dans la Nubie et l'Abyssinie. Pendant son exil à Constantinople, Théodose gagna la faveur de l'impératrice Théodora , secrètement attachée à l'eutychianisme et lui persuada d'envoyer des missionnaires dans ces pays reculés. Bientôt le roi nubien et sa cour furent baptisés dans la communion de Dioscore, et refusèrent d'écouter les représentations de Justinien, qui leur avait envoyé trop tard des prêtres orthodoxes. Une église chrétienne jacobite se forma aussi dans l'Abyssinie sous le gouvernement d'un abuna ou chef des prêtres, nommé par le patriarche d'Alexandrie. À partir de cette époque, le culte monopnysile se maintint sans contestation dans ces deux pays, ou les jésuites portugais le retrouvèrent encore tout-puissant au seizième siècle.

Hérésie des Monothélites.-— Pendant les dernières années de sa vie, Héraclius, espérant ramener les Jacobites de la Syrie et de l'Egypte, s'était prononcé pour une opinion mixte qui admettait deux natures , mais ne reconnaissait qu'une seule volonté dans Jésus-Christ. Cette nouveauté parut dangereuse pour l'orthodoxie : les monothélites ou partisans d'une seule volonté furent assimilés aux eutychiens; et l'interminable controverse relative au mystère de l'incarnation se ralluma de nouveau. VEcthèse d'Héraclius imposa silence aux deux partis, et le Type publié par Constant II, son petit-fils, en 648, tendit au même but. Mais l'Eglise romaine repoussa ces formules de doctrine, et le pape Martin l* ayant anathémalisé, dans le concile de Latran, l'erreur des monothélites, l'empereur le rélégua à Cherson, où il mourut dans l'exil. Cependant, sous Constantin Pogonat, le pape Agathon obtint la convocation d'un concile œcuménique àConstantinople(680). L'exemple du prince entraîna la pluralité des évéques. Les monothélites furent condamnés aux peines spirituelles et temporelles décernées contre l'hérésie, et on régla définitivement comme symbole de foi que la personne de Jésus-Christ réunissait deux volonlés agissant d'accord entre elles. L'opinion proscrite fut portée parmi les Mardaïles du Liban par un certain Maron, dont les disciples prirent le nom de Maronites, et, après la mort de Justinien II, les monothélites, encouragés par Bardanes, livrèrent aux flammes les actes originaux du sixième concile général. Mais dès la seconde année de son règne Bardanes fut précipité du trône, et dès-lors le dogme de l'incarnation, tel qu'il avait été défini à Rome et a Constantinople, fut enseigné dans tout le monde chrétien.

Commencement de la querelle de$ Iconoclastes. — Cette querelle était à peine étouffée qu'une nouvelle cause.de troubles vint agiter l'Eglise et l'Etat. Nous voulons parler de la persécution des images qui entraîna la révolte de l'Italie, la formation de la puissance temporelle des papes et dans la suite le rétablissement de l'empire romain d'Occident. Depuis les premiers siècles du christianisme, l'Eglise avait permis de

représenter par des tableaux et des statues la personne et les actes de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des martyrs, afin de rappeler parlà aux chrétiens les sublimes modèles qu'ils devaient imiter. Mais elle avait toujours eu soin de prémunir les peuples contre les abus d'une

,v pape saint Grégoire à l'évêqu,

où ils peuvent lire leur devoir. D'ailleurs ce n'est pas la peinture qu ils adorent, mais la peinture leur apprend ce qu'ils doivent adorer. » Ainsi entendu, le culte relatif des images s'était répandu dans tout l'Orient, où les populations étaient accessibles à tout ce qui frappait l'imagination et les sens. Cependant au commencement du huitième siècle, quelques Grecs timorés s'alarmèrent d'une dévotion qui, à leurs yeux, rappelait les superstitions du paganisme. La prise de villes que les images les plus révérées n'avaient pu défendre contre les armes des musulmans, les réclamations des juifs, le dédain secret des ariens convertis pour ce qu'ils appelaient des idoles, enfin la rancune des diverses sectes religieuses réduites à l'impuissance, furent autant de causes qui secondèrent les premières tentatives d'un zèle excessif et maladroit. Cependant la lutte n'était pas encore engagée, lorsque Léon-l'Isaurien monta sur le trône.

Successeurs de Justinien IL — L'extinction de la famille impériale des Héraclides, en rompant les liens de l'obéissance, avait amené une suite de révolutions. Après la chute de Bardanes, son secrétaire Artémius avait été revêtu de la pourpre sous le nom d'Anastase H (713). Les vertus du nouveau prince ne purent le nrotéger contre l'inconstance de ses sujets, et un obscur officier du fasc nommé Théodose fut proclamé malgré lui. Anaslase abdiqua; mais son compétiteur suivit cet exemple, dès qu'il le put faire sans compromeltre sa vie, et Léon, général des troupes d'Orient, proclamé par les soldats, fut reconnu par le sénat et par le peuple (718).

Lèon-VIsaurien. — Persécutions contre les images. — Né en Jsaurie, d'une famille obscure, Léon était entré dans les gardes de Justinien II et s'était successivement élevé, par sa valeur et son habileté, au commandement des légions de l'Anatolie. Il se montra digne du choix des troupes en repoussant les musulmans qui assiégeaient Constantinople, et il soutint ensuite leurs attaques avec des succès divers en Sardaigne, en Sicile, en Italie. Mais après avoir raffermi l'État par ses armes, il rébranla par ses persécutions. Élevé dans les camps, l'isaurien était un homme illettré, et ses relations avec les Juifs et les Arabes lui avaient inspiré de l'aversion pour les images. Toutefois dans les commencements de son règne, il dissimula ses véritables sentiments et prit soin de rassurer le pontife de Rome par de fréquentes déclarations d'orthodoxie. Bientôt il changea de conduite. Il commença par faire enlever les images du sanctuaire et de l'autel pour les placer dans les nefs à une hauteuroù on ne pouvait les atteindre. Puis, stimulé par son parti qui l'accusait de tiédeur, il publia, en 726, un édit qui ordonnait la destruction des images dans toute l'étendue de l'empire. Deux partis se formèrent aussitôt qui se donnèrent mutuellement les noms d'iconoclastes

PREMIÈRE PÉRIODE. - CHAPITRE Ml. OU

ou briseurs d'images, et tficonolâtres ou adorateurs d'images. L'édit de Léon rencontra une vive opposition dans le clergé que soutenait la grande majorité des fidèles. 11 fallut recourir aux moyens violents. Le patriarche Germain fut déposé ; les gardiens de la Bibliothèque de Conslanliuople périrent dans l'incendie qui consuma le précieux dépôt confié à leurs soins ; les moines furent cruellement persécutés. Chaque jour Conslanlinople devint le théâtre de séditions où la vie de l'empereur fut souvent menacée. De la capitale , la rébellion gagna les provinces. La Grèce et les îles de l'archipel prireut les armes pour défendre leur foi menacée, elune flotte, conduite par Cosmas, vint assiéger Léon dans son palais. Le feu grégeois, oui avait repoussé les Arabes, triompha aussi des défenseurs du culte des images. Mais si l'insurrection fut étouffée sur ce point, il n'en fut pas de même en Italie, où celte querelle religieuse eut les résultats politiques les plus importants.

Soulèvement de l'Italie. — Depuis longtemps les Romains se soumettaient à regret aux ordres de l'exarque de Ravenne et détestaient les Byzantins, qui les traitaient de barbares. Déjà lorsque Philippicus Bardaues avait fait enlever du portique de Sainte-Sophie le tableau du concile de Conslanlinople, les Romains, irrités, avaient résolu de refuser l'obéissance à l'empereur, de ne plus recevoir ses monnaies, de faire disparaître son image de Saint- Jean -de-La tran et son nom de la liturgie (7l2). Le clergé réussit d'abord à calmer le tumulte. Mais lorsque l'édit de 726 eut paru en Italie, quand les fidèles virent profaner sur les places publiques ces tableaux et ces statues qu'ils étaient habitués à vénérer, l'indignation devint si générale que le pape fut obligé de s'y associer. Grégoire II, Romain de naissance, qui occupait depuis onze ans le trône

fiontifical, écrivit à l'empereur des lettres où il lui reprochait avec une iberlé courageuse son impiété et son ignorance, et le menaçait de la colère du ciel. Les effets suivirent de près les paroles. A la voix du pape, les Lombards et les Vénitiens s'armèrent pour la défense de la foi commune. Ravenne, Bologne et les villes de la Pentapole ouvrirent leurs portes à Luitprand, roi des Lombards. Rome et Naples chassèrent les représentants de l'empereur. Partout les statues de Léon furent renversées, et les villes, soulevées autant par l'antipathie religieuse que par les exactions impériales, refusèrent le tribut que l'Italie payait à la

cour de Byzance.

Origine de la puissance temporelle des Papes. — Les Italiens voulaient même se donner un autre empereur ; mais le pape leur conseilla de ne rien précipiter, puisque la grâce divine pouvait encore entrer dans le cœur de Léon et le ramener à l'orthodoxie. Toutefois il ne put empêcher les Romains de se constituer en république 1 et de le mettre a la tête du gouvernement. Ainsi les évêques de Rome en devinrent les magistrats suprêmes. Ce fut la consécration de l'autorité morale qu'ils

1 Le territoire du nouvel État, qu'on appela depuis In patrimoine de Saint- Pierre, s'étendait de Tcrracinc à Yileibe et de Narni à l'embouchure du Tibre. 11 se couvrit plus lard de cliâtcaux-forls où les nobles Romains bravèrent constamment Pautorilé du Pape et du sénat de Rome, aussi bien que celle de l'empereur d'Occident.

devaient à une longue suite de bienfaits ; et le libre choix d'un peupte qu'ils délivrèrent de l'oppression fut le premier titre de leur puissance politique.

En refusant de pousser les choses à l'extrémité, Grégoire avait sans doute une autre raison, c'est qu'il craignait d'augmenter outre mesure la puissance des Lombards. En effet, il fit sentir aux Vénitiens que les fautes de l'empereur ne devaient pas tourner à la ruine de l'empire, et l'exarque Eutychius rentra à Ravenne avec l'appui d'une flotte vénitienne (729). Luitprand, irrité, vint mettre le siège devant Rome; mais le pape alla intrépidement à sa rencontre, le désarma par son éloquence et sauva encore une fois la ville éternelle.

Grégoire III, oui succéda en 731 à Grégoire II , prit possession du Saint-Siège sans demander à l'empereur la confirmation de son élection et lança l'anathème contre les briseurs d'images. Léon-l'Isaurien voulut envoyer une flotte en Italie ; mais les habitants de Ravenne refusèrent de recevoir les Grecs, les forcèrent à se rembarquer, et les tempêtes de l'Adriatique dispersèrent cet armement redoutable. Ce fut le dernier effort de l'iconoclaste. Dès lors l'Italie n'eut à craindre aucune réclamation sérieuse de la part des empereurs byzantins. Seulement Rome cessa d'exercer sa suprématie sur les duchés de Naples, de Calabre, de Sicile etd'Illyrie, que Léon, contre tout droit, soumit à la juridiction du patriarche de Constantinople.

Inquiété de nouveau par Luitprand, Grégoire III détourna sa colère, en s'alliant avec Charles Martel (744) ( voir chap. v, p. 94). Cette négociation devint la base de l'union intime qui s'établit entre les papes et les Carlovingiens , union dont la principale conséquence fut l'élévation de Charlemagne à l'empire d'Occident. Ainsi la querelle des iconoclastes détacha l'Italie de l'empire d'Orient et prépara la création d'un empire rival. De même les autres querelles religieuses dont nous avons esquissé le tableau eurent des résultats politiques considérables, en semant parmi les populations la désaffection et la haine, en facilitant les conquêtes des Arabes et en accélérant par l'affaiblissement de l'autorité la dissolution de l'empire.

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