‹ Histoire du moyen âgeChapitre 10 sur 114 · ORIGINES CELTIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINES CELTIQUES

Druides proprement dits, qui vaquaient au culte ; les devins (vates ou euhages)^ qui sondaient l'avenir en consultant le» astres, en interprétant les songes, en inspectant les victimes; enfin les bardes ou chantres, qui s*adonnaient à la poésie, et ceux-ci se répandaient davantage dans le peuple ou dans, les maisons des grands. Les Druides prétendaient au monopole de la science ; mais ils n'avaient pas de littérature ; leurs doctrines ne se transmettaient qu oralement ^ On leur attribue un système religieux dont la croyance à une vie future* était la base. Leur science, leur vie retirée, leur forte organisation leur assuraient une action prépondérante dans la société ; ils y exerçaient une juridiction suprême, et comme ils parlaient au nom de la religion, nul nosait braver leurs ordres, pas mêmes les rois. Après les Druides, venaient les chevaliers, formant une noblesse héréditaire dont la supériorité reposait sur la profession exclusive des armes et sur la possession de vastes domaines. Vis-à-vis de cette classe de grands, le reste du peuple vivait dans une dépendance personnelle ^ analogue à lancienne clientèle romaine; les classes inférieures, pour s'assurer des moyens de subsistance et une protection efficace, étaient forcées de se mettre au service des chevaliers, dont ils cultivaient les terres.

Tel était l'état social des Celtes de la Gaule. Quant à leurs institutions politiques, il y avait eu autrefois chez eux des rois puissants. Â l'époque des Cimbres et des Teutons (Â^ 1 13 ante C), un roi des Arvernes, Betuitus, dominait le midi de la Gaule; un roi de Soissons, Divitiacus, étendait son autorité non seulement sur la plupart des Belges, mais encore sur les Bretons au delà de la Manchet Toutefois à l'arrivée

n CéaarVI, 14.

') On j a va la métempsychose, comme César le laisse entendre : • Non interire animas, sed ab aliis post mortem transire ad alios. « cf. Diod. V : 28. Mais, d'après leur ritoel fonéraire, il s'agirait plutôt d*une autre vie,, puisqu'on brûlait, avec le défunt, ses armes, ses ustensiles, des animaux, des eeclaTos mêmes, dont il devait se servir dans cet autre monde.

') César, VI, 13 : • plèbes pêne senrorum habetur loco. Plerique ... sese in servitutem dicant nobilibus. In hos eadem omnia sunt jura quae dominis in serves. » AiUeurs (VI, 15), César leur applique Fexpression de clientes,

*) César, II, 4.

de César (Â^ 58 ante C), la royauté avait partout décliné ; chez certains peuples» elle était abolie et avait fait place à un magistrat annuel, nommé le vergobreO : cest à une assemblée^ formée par la noblesse quappartenait la souveraineté. Sous ce régime, des factions surgirent partout ; des chevaliers puissants, appuyés sur le nombre de leurs hommes d'armes (amhacti) et de leurs clients, se disputaient le pouvoir', divisions qui ont favorisé la conquête des Gaules par les Romains.

Entre ces peuplades indépendantes et souvent rivales, la religion nationale maintenait une certaine unité. Cette religion druidique non seulement était commune à toute la Gaule ; mais elle s'étendait encore chez les Celtes insulaires de la Grande Bretagne et de l'Irlande. La Grande Bretagne était même considérée comme le principal foyer des doctrines druidiques, et beaucoup s'y rendaient du continent pour recevoir l'initiation^. Sur les divinités druidiques, on n'a que des renseignements vagues et incomplets^. Il y avait une divinité suprême, que les Romains assimilaient à leur Mercure^, soit Tentâtes, soit Hesus. On parle de Taranis comme du dieu de la foudre. On cite un dieu Beat ou Belenits, qui rappelle le Bel sémitique, et qui pourrait être une importation des marchands phéniciens. En tout cas, les dieux ^ cel-

^) César, I, lÔ : • Vergobretam appelant, qai creatar annaus et vitae necisque in sues habet potestatem. i»

*) César, II : 5, 28.

*; César, I, 31 ; VI, 11. Polybe (II, 11) constate déjA chez les Gaulois de la Cisalpine, ce même esprit de faction, qa'il appelle hétairie (iTaip«£a).

^) César, Bell. QaXL VI, 13.

S) César, i&. VI, passim ; Lacain, I : 445 ; IH : 399.

^) D'après César (VI, 17) : • Deam maxime Mercurium celant. • Mais ces assimilations sont toujours forcées. Aussi les scoliastea se contredisent. D'après l'un : • Teutates=Mercuriu8 •• d'après un autre : « Hesum Mercurium credunt, si quidem a mercatoribus colitur. •• Voir ces testes dans : Retue celtique, t. 18 (1897), p. 140.

"*) Lacain (I, 446) est le seul ancien qui ait senti cette différence, exprimée dans ces vers :

Et qaibus immilis placatar sanguine dire Tentâtes, borrensque feris altaribos Hesus Et Taranis scythicae non mitior ara Dianae.

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