ORIGINES SLAVES
tiques ressemblaient plus aux dieux féroces de TAsie qu'aux divinités classiques auxquelles les anciens se sont plus à les <x>mparer. Comme ceux-là, ils réclamaient des sacrifices humains, et en leur honneur étaient brûlés ces grands manne- <}uins d*osier dans lesquels les victimes humaines étaient entassées vivantes ^ Cette religion commune entretenait chez les Celtes Tesprit national et opposait une résistance tenace à la domination romaine. Aussi le gouvernement romain s*appliquat-il à extirper le druidisme^, qui disparut sur le <»ntinent et trouva son dernier refuge en Irlande, où il régnidt encore au v* siècle, à larrivée de saint Patrice, Tapôtre du christianisme'.
2o Les origines slaves.
Tbxtbs orbcs : Hérodote IV, 17-136 (sar les Scythes) ; — Ptolémôe, Geogr. III : 5 (sur les Sarmates). — Corpus hist. Bysantinonim (Procope, Theophylacte, etc.). — Mauricii, Ars militaris, Upsala 1664. — Textes LATINS : Jordanis, De rébvu geticis;-^ An. RaveoDatis, Cosmographia^ edd. Pioder et Parthey. Berlin, 1860. — Qeographus Batoarus (dans : Monamenta Poloniae histoxica. Vol. I. Lemberg, 1864).
Travaux modernes : Niébnhr, Skythen, Geten und Sarmaten (1828). — Cano, Die Skythen. Berlin, 1871. — Shaibrik, Abhunft der Siatoen. Ofen, 1828. — Id. Les antiquités slaves (en tchôque). Prague 1837 (Tradaction allemande, Leipzig 1843). — H. Jireçek, Das Recht in Bôhmen und Màhren. Vol. I, Prague, 1866. — Léfirer, Les Slaves du sud et leur civilisation. Paris, 1869. — Id. Le monde slave. Paris, 1873.
Cinq siècles avant notre ère, dans la description qu'Hérodote nous a laissée des contrées situées au nord de la mer Noire, toute cette région orientale de l'Europe était occupée par les Scythes. Au début de notre ère, lorsque la domination romaine s'avança jusqu'au Danube, les Scythes d'Europe avaient fait place aux Sauromates ou Sarmates : on comprenait sous ce nom des tribus diverses, dont les principales
1) César, VI, 16 : • Alii immani magnitudine simalacra habent, quorum eontexta ▼iminibns mis faominibas complent; quibus suocensis, circnmventi flamma ezanimantur homines. •
<) Suétone, Qaudius 25. Pline, H, iV. 30, 1. Aurelius Vict. 4.
*) Vita S. Patridi Hibern. (17 mars).
étaient les Alains, entre le Caucase et la mer Noire, les Roxolains au nord de la mer d'Azof, les Jazyges^ qui s'étendaient jusqu*au Danube ^ Quant aux Slaves, il en est fait mention pour la première fois dans les historiens byzantins du Yi* siècle de notre ère^. Depuis quand étaient-ils en Europe ? Il n*est nulle part fait mention d une immifçration récente des Slaves dans les contrées jusque là occupées par les Sarmates. De là, cette question controversée de la parenté des Sarmates avec les Slaves, question qui a partagé les savants slaves en deux camps opposés'. On a fait valoir, en faveur de cette parenté, en premier lieu la situation géographique des deux peuples que Ion trouve disséminés à la même époque dans la même région de l'Europe entre la mer Noire et la Baltique. De plus on fait remarquer que les auteurs classiques^ énumèrent parmi les peuples sarmates certaines tribus reconnues pour slaves telles que les [Vendes ou Venèdes. Enfin on a cru retrouver la racine même du mot Sarmate dans le nom d'une autre tribu slave, celle des Serbes, qui a donné son nom à la Serbie actuelle. Il résulterait de là que les Slaves ne sont arrivés en Europe qu'avec les Sarmates, environ un siècle avant notre ère lorsque ceux-ci ont détruit la puissance des Scythes.
D'autre part on constate dans Hérodote qu'à l'époque où les Scythes exerçaient encore leur domination au nord de la mer Noire et du Danube, il y avait dans cette contrée
1) Deux de ces tribus sont mentionnées dans Tacite : les Roxolains, Bist» I : 7Ô; les Jaiyges ib. HI : 5 et Ann. XII : 29.
*) On croyait avoir découvert la mention des Slaves déjà au v« siècle, dans rhistorien arménien. Moïse de Chorône. Mais voici que M. Carriôre vient de démontrer que cet auteur vivait au viii« siècle, et non au y*, et que loin d'avoir précédé les Byzantins, il n'a fait que les compiler.
') Shafarik, justement considéré comme le fondateur de la science des antiquités slaves, a varié lui-même dans cette question. Car, après avoir soutenu l'identité des Slaves et des Sarmates dans un premier ouvrage, il démolit cette thèse dans ses Antiquités slaves, qui ont paru depuis.
*) Entre autres Ptolémée Geogr. 3:5; la TabtUa dite de Peutinger (a* 423) porte : Venadi SamuUae, Quant à Tacite Qerm, 46, il est embarrassé, de classer les Venédes (Venedi), qui, d'après lui, ne sont ni Germains, ni Sarmates.