‹ Histoire du moyen âgeChapitre 24 sur 114 · ÉTAT BU MONDE · texte numérisé non relu

ÉTAT BU MONDE

grande migration des barbares. Les Francs ne formaient pas un royaume ; mais ils étaient partagés entre un grand nombre de petits chefs indépendants. L*un d entre eux, Clodion, qui avait sa résidence à Dispargum, poussa ses conquêtes jusqu'à la Somme. Mais là il fut arrêté par Aétius S et rejeté de lautre côté de la forêt charbonnière (A^ 431), qui demeura la frontière des Francs. Bien qu en relation avec les Romains depuis un siècle, les Francs avaient conservé leurs institutions germaniques et leur paganisme barbare. A côté de ces races germaniques, un quatrième peuple, arrivé en Gaule de la Grande-Bretagne, y avait rapporté la langue et les mœurs celtiques : ce sont les Bretons. De tout temps, il y avait eu des relations entre les Celtes de TArmorique et ceux de la Grande Bretagne*. Lorsque ceux-ci furent refoulés dans leur Sle par l'arrivée en masse des Anglo -Saxons, une partie passa la mer et alla cherclier un refuge sur le littoral qui a pris de là le nom de Petile-Bretagne . Au milieu de ces populations nouvelles, il existait toujours en Gaule une enclave romaine que l'invasion avait respectée, c'était le territoire compris entre la Loire et la Somme demeuré sous le gouvernement de Syagrius, qui venait de succéder dans cette dignité à son père le comte Egidius^.

La Grande-Bretagne n'avait jamais appartenue toute entière à l'empire romain. Au nord de la province romaine, il y avait une Bretagne barbare, d'où les Pietés, renforcés par l'arrivée des Scotes de l'Irlande, ne cessaient de faire des incursions sur le territoire des Bretons proprement dits. Depuis le iv* siècle, la Bretagne était exposée du côté de la mer aussi, aux descentes des pirates saxons. Le général romain Stilicon avait fait un dernier effort pour débarrasser le sol romain de ces envahisseurs barbares. Mais après sa mort^ l'empereur Ilonorius fut obligé de retirer de cette frontière éloignée les légions romaines afin de les opposer aux

^) Sar ce Clodion, les textes sont : Sidoine Apol. V, 211. Grégoire de Toars il, 9; les autres auteurs dérivent de ce dernier. •) Supra, p. 8.

») Supra, p. 72.

barbares qui menaçaient Tltalie. Après leur départ, les Bretons tuèrent les gouverneurs romains ; des chefs indigènes s'emparèrent du pouvoir; mais déshabitués du service militaire, ils se trouvèrent hors d'état de résister aux attaques simultanées des Calédoniens par le nord et des Saxons par la mer. Ils firent un dernier appel à l'intervention des armées romaines, mais en vain. Alors un de ces chefs indigènes Vortigern s'avisa de combattre l'un de ces peuples barbares par l'autre. Il prit à sa solde les pirates Saxons, repoussa avec leur concours les Calédoniens, et crut s'assurer leurs services pour l'avenir en leur donnant des terres dans son royaume. Mais la fertilité du sol attira une bande de barbares après l'autre. Les Saxons s'y trouvèrent bientôt en tel nombre qu'ils furent à même de se rendre maître de tout le pays; ils se retournèrent alors contre les Bretons qui les avaient appelés. Cette guerre dura plus d'un siècle et eut pour résultat la fondation des royaumes Anglo-Saxons. La Bretagne avait été l'une des provinces les plus prospères de l'Empire. Le christianisme, introduit dès le second siècle, y fut florissant, et la province renfermait un grand nombre de sièges épiscopaux. Toute cette civilisation fut détruite par ces peuples germaniques, qui étaient encore payens. Quant à l'ancienne population, elle fut refoulée dans les montagnes de la région occidentale de Tile, où elle sut défendre son indépendance.

L'invasion des Huns en Europe, l'expédition d'Attila dans l'Occident, et la ruine de l'empire de ce prince après sa mort, produisirent de grands changements dans l'état des peuples de la Germanie. La race germanique, qui s'était autrefois étendue dans l'est jusqu'à la Vistule, avait alors pour limite l'Elbe et les montagnes de la Bohême. Les Frisons, les Saxons, les Angles et les Jutes, qui occupaient le littoral de la mer du Nord, avaient conservé leur indépendance. Les Saxons étaient les plus puissants parmi eux. Les Thuringes étoblis au sud des Saxons et à l'est des Francs, n'avaient pas non plus quitté leur patrie. Mais l'est de la Germanie n'étaient plus habités par les mêmes peuples. Toutes les

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