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VII. Gelimer

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contre la porte à une foule de contestations non moins désastreuses pour le royaume.

La décadence des Vandales était d'ailleurs inévitable, par le concours des causes suivantes : d'abord, à la suite de la chute de l'empire romain, les Vandales durent renoncer à la piraterie qu'ils exerçaient sur les côtes de la Méditerranée ; désormais ils y rencontrèrent une résistance vigoureuse, de la part des jeunes nations établies sur les ruines de cet empire. Ensuite le climat de l'Afrique et la richesse du sol amollirent les mœurs de ces barbares, réputés jusque-là pour leur vertu*, et on les vit se laisser entraîner dans tous les genres de plaisirs et de vices. Enfin les Vandales avaient pour voisins immédiats d'autres barbares, les Maures d'Afrique, qui ne cessaient de s'attaquer à cette province. Gaiselic les avait contenus, non sans peine. Aussitôt après sa mort, ils relevèrent la tête, ils s'emparèrent de la Numidie et de là, portèrent leurs dévastations sur le territoire de Carthage*.

Néanmoins les débuts du règne de Huneric (A° 477), fils et successeur de Gaiselic, furent heureux pour les catholiques de son royaume. 11 renouvela le traité conclu par son père avec l'empereur Zenon ^ : il était stipulé que la liberté serait rendue aux catholiques d'Afrique et que Carthage aurait de nouveau un métropolitain. Le clergé fut invité par un édit (A** 479)* à procéder à cette élection. Cependant les Maures, qui avaient repris leur indépendance, occupaient la Numidie et dévastaient les autres provinces. Plusieurs expéditions de Huneric contre eux échouèrent. Sur la fin de son règne, Huneric commença par sévir dans sa propre famille dans le but d'assurer la couronne à son jeune fils Hilderic, qu'il avait eu de son mariage avec la fille de l'empereur Valentinien IIP. Il se tourna ensuite contre ses sujets catholiques, reléguant leurs évoques, excluant les laïcs de toutes les

^) Eloge des mœars des Vandales, par Salvien, De Gub, Dei,W . passim.

') Sar les mœan des Maure», voir la description de Procope ib, II, 6.

^} Malchos, EoBcerpta, p. 236.

*) Edit. ob Honeric, A» 479 (?) dans Victor Vitensis II, I.

») Supra, p. 72.

110 HTSTOIRE DU MOYEN AQB.

fonctions officielles*. Après avoir provoqué par un édit* u» colloque entre les évéques des deux cultes, admettant comme démontrée Terreur des catholiques, il rétorqua contre eux tous les édits portés contre Thérésie par les empereurs chrétiens : confiscation de leurs églises et de leurs biens au profit des Ariens; incapacités civiles frappant les particuliers ; amendes infligées aux fonctionnaires^. Non seulement cet édit fut exécuté avec rigueur ; mais il y eut des supplices et des martyrs. Heureusement le persécuteur mourut la même année (A^ 484).

Huneric n'avait pas réussi à assurer la couronne au jeune Hilderic, qui dut se retirer avec sa mère à Constantinoplo, tandis que son cousin, plus âgé, Gundamund, était appelé à régner en vertu de la disposition du fondateur du royaume. Sous ce règne, les catholiques purent respirer : Tévêquô de Carthage fut réintégré sur ce siège; les prêtres bannis furent rappelés, les églises rouvertes^. Mais Gundamund ne fut pas heureux dans ses guerres contre les Maures; et il dut céder ce que les Vandales avaient conservé de la Sicile* à Theoderic le Grand, devenu maître de toute Tltalie (A** 491). Son frère Trasamund, qui lui succéda (A^ 497), sempressa d'entrer dans Talliance du puissant roi des Ost-Goths^, en épousant Amalafriede, la sœur de celui-ci, qui amenait avec elle une garde imposante de 6000 Goths. Ce mariage avec une princesse arienne confirma Trasamund dans son animosité contre les cathoUques, auxquels il reprit les églises, et dont il relégua les évoques en Sardaigne^ Il recommença la guerre contre les Maures, mais fut battu par leur chef Cabaon®.

i) Victor Vit. II, 7.

2) Edit. dk Huneric du 20 mai 483, dans Victor Vit, II. 13. ') Edit. db Huneric du 25 féirier 484, dans Victor Vit. IV, 2. *) Victor Tunn. Chronic. {A? 485).

^) Cassiodore, Varia I, n® 4. Ennodius, Panegyricus, o. 13. ^) Voir les lettres de Theoderic dans les Varia de Cassiodore, V, n^ )» 43, 44.

^) Victor Tunn. (A*» 497). Pauli, Historia romana XV. ^) Procope ib. I, 8.

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Enfin, à sâ mort (A"" 524), son cousin Hilderic put rentrer de Constantinople, où il avait vécu 38 ans, et reprendre la couronne comme le plus âgé des princes survivants. En vain la reine Âmalafriede essaya de s'emparer du trône avec lassistance de ses Goths. La conspiration fut découverte à temps; les Goths furent mis à mort; la princesse jetée dans une prison, dont son frère Theoderic le Grand fit de vaines démarches pour la retirer*. Deux ans plus tard, quand Theoderic mourut, elle fut mise à mort (A** 526).

Hilderic, prince bon et doux, fit aussitôt cesser la persécution contre les catholiques et rappela les évoques qui rentrèrent dans leurs églises*; mais il s'attira l'animadversion des Ariens. Cependant les Maures, de nouveau vainqueurs dans plusieurs batailles, menaçaient Carthage. Un parent du roi, Gelimer, fut envoyé contre eux et remporta à son tour une victoire signalée. Alors l'armée, mécontente de Hilderic, proclama Gelimer roi ; celui-ci s'empressa de faire alliance avec les Maures, et avec eux détrôna Hilderic et le fit charger de chaînes. Or Hilderic, durant son long séjour à Cïonstantinople, s'était lié d'amitié avec un neveu de l'empereur Justin, Justinien, qui venait de monter sur le trône. Justinien intercéda aussitôt auprès de l'usurpateur en faveur de son ami détrôné. Gelimer accueillit cette démanche avec dédain et n'en traita que plus durement l'infortuné Hilderic. Il devait en résulter une guerre dans laquelle fut renversé le royaume récent des Vandales.

1) C&Bsiodore, Varia IX &<> 1.

*) Victor Tunn. (A» 523). Isidore, Chron. Yandal, p. 299.

^) Voir les lettres de Justinien et de Gelimer, Procope, ib, \, 9.

^ m. - LES MÉROVINGIENS ET LES NATIONS DE LA GERMANIE

TRANSRHÊNANE

jusqu'à la mort de Clotaire !•'.

(:ii 1-361)

Textes latins : Scriptores renun Merowineramm (cité p. 81). — Venantius Fortunatue, De excidio Thuringiae; Yita 5. Radegundis (13 août) dans ses Opéra (vol. IV des Aactores Antiq.) — Textes oRECs : Procope, Agathias, Ménandre (dans le Ck>rpas Hist. Bysant.)

Travaux modernes : Dahn, Deutsche Geschichte, y o], U. —Ferd Muller, Die deutsche SUimme und ihre Fursten, vol. II. Berlin, 1811. — Gloel, Zar Geschichte der aîten Thuringer (vol. ÏV des Forschungén z. d. Gesch). — Schubert, Die Untertoerfung der Alamanen unter die Franken. Strasbourg, 1884. — Riezler, Geschichte Bayerns. vol. I, (iotha, 1878,

Les Tburingiens.

Tandis que les nations gothiques établies dans les provinces romaines déclinaient rapidement, les Francs poursuivaient leurs conquêtes. Ils n avaient pas achevé la soumission de la Gaule, qu'ils commencèrent à s'étendre au-delà du Rhin, dans la Germanie propre, dont ils étaient sortis autrefois : ils se heurtaient là à d'autres peuples barbares, Thuringiens, Alemanes, Bavarois, leurs égaux en valeur, mais qui, faute d'organisation, étaient condamnés à être absorbés l'un après l'autre par les Francs. Les Thuringiens*, qui occupaient le centre de la Germanie, étaient la plus puissante de ces nations : ils s'étendaient depuis l'Elbe, où ils avaient pour voisins les Saxons, jusqu'au Mein, qui les séparait des Alemanes. De plus ils avaient une dynastie nationale, qui apparait déjà au v« siècle, avec un roi du nom de Basinus (Bisin)*. Ces barbares étaient assez puissants

1) Leur nom apparaît pour la première fois en 451, dans le contingent germanique d'Attila (Sidon. Apoll. VII, 323); mais ce n'était pas un peuple nouveau ; ils occupaient le territoire des anciens Hermundures, dont ils sont les descendants. Voir supra, p. 30. Quant aux Thoringi, qu'on retrouve sur la rive gauche du Rhin, supra, p. 83.

*) Le nom de cet ancêtre de Sce Radegunde est certifié par le biographe de celle-ci, Venantius Fortunatus, I, 1 ; ce que Ton peut contester, c'est la relation que Grégoire de Tours suppose entre lui et son contemporain ChiU deric ; sur ce point, voir Kurth, Hist, poétique, p. 198.

pour que Theodoric le Grand ne dédaignât pas de les faire entrer dans son système d^alliances matrimoniales : il donna la princesse Amalaberge, fille de sa sœur*, en mariage à Hermanfried, qui avait succédé en Thuringe à son père Basinus. Hermanfried avait dû partager cette succession avec ses deux frères, Berthar et Baderic*. L'ambitieuse Amalaberge poussa son mari à se débarrasser de ceux-ci pour augmenter sa puissance. Hermanfried obtint le concours des Francs de la rive gauche du Rhin, en promettant de partager avec eux. Baderic succomba sous des forces supérieures; mais Hermanfried garda tout pour lui (Â^ 516)^. De là rhostilité entre les Francs et les Thuringiens, qui n'éclata toutefois qu'après la mort de Theoderic le Grand (A* 526). <rest le fils aîné de Clovis, Theuderic seul, qui avait pris part à cette première guerre. Cette fois il se concerta avec son frère Clotaire I**" et réunit ainsi toutes les forces des Francs. De plus, il s'assura du concours d'un autre peuple, les Saxons, en leur promettant le partage des dépouilles. Cette guerre de Thuringe eut pour conséquence la chute de iadynastie: Hermanfried, vaincu dans une grande bataille sur rUnstnit (A** 531)*, dut se rendre à Theuderic, qui lui promit un traitement honorable, mais s'en débarrassa par un assassinat. Amalaberge se retira avec ses enfants, chez son frère Theod&t, le roi des Ost-Goths^. Quant aux princes issus de Berthar, Clotaire les amena en captivité, dans ses États; il épousa la princesse Radegunde, qui le quitta, après le meurtre de son frère, pour se retirer dans le monastère de

^) Voir Cassiodore, Varia HI, n» 3; IV, n* 1 ; et supra, p. 102. *) Généalogie de la dynastie de Thuringe :

Basinus

Hermanfried (f 531) Baderic Berthar (f 516)

ai Amalaberge |

Ste Radegunde (f 587) a« Clotaire !•' &,') Procope B. Goih, F, 12. Oregor. Tur. ÏII, 4.

*) Gregor. Tur. III, 7,

») Proeope, ». I, 13.

Poitiers, où elle vécut plusieurs années encore, en grande réputation de sainteté (A"* 587)*. Après la chute de la dynastie, le territoire des Thuringiens fut partagé entre les vainqueurs. Les Saxons occupèrent le territoire au nord de rUnstrut*. Les Francs s'attribuèrent le cours du Mein et le colonisèrent : telle est l'origine des Franconiens ou Francs transrhénans. Le reste du pays devint tributaire des Francs : les Thuringiens y conservèrent leurs lois nationales ; ils étaient partagés en deux tribus, les Angles et les Warnes'.

Les Alemanes et les Bavarois.

On est moins renseigné sur la manière dont les Francs ont soumis les deux autres nations qui s'étendaient du midi de la Germanie jusqu'aux Alpes, à savoir les Alemanes et les Bavarois. Les premiers occupaient le cours supérieur du Rhin compris autrefois dans la Rhétie romaine; les provinciaux romains s'étaient retirés dans la haute Rhétie, où ils formaient une sorte d'enclave, avec Coire pour centre, et où l'on continue à parler le dialecte roman des Ladins^. Le reste du pays, entièrement germanisé, prit le nom tantôt (ÏAlemanie tantôt de Suévie, dont les Alemanes étaient une branche*, et qui finit par prévaloir sous la forme de Souabe

1) Vt/a Radegundi^. H. 22.

2) Cette participation des Saxon» à la guerre de Thuringe est ignorée des historiens francs; on ne la trouve que rrois siècles plus tard dans Thistorien des Saxons. Widukind I, 9-13. Mais elle est confirmée par l'existence dans la géographie saxonne d'un Nordihuringo.

3) C'fst ainsi qu'on explique le mieux la rubrique de leurs lois nationales,

Lex Anglorum et Werinorum^ id est Thuringorum. Leur situation géogra- j

phique, fort discutés par les modernes, doit être cherchée sur la frontière de rUnstrut, où leur nom sest conservé dans deux pagi, Engelin et Warinofeld, '

L'existence d'un roi des Warnes du nom de Hermégiscle, beau-frère du roi franc Tbeodebert (534-547), est attestée par Procope, B, Goih. IV, 20, contemporain immédiat. Mais la géographie de celui-ci est très confuse. j

quand il s'agit de ces peuples éloignés. A consulter, Wersebe, Beschreihung der Gaue zwischen Elbe und Werra. Hannovre, 1829. Muller (Hermann), I

Dôr Lkx Angliorum RT Wkrinorum Aller und Heimat. Wurzbourg, 1840.

*) Planta, Dai alte Raeiien. Berlin, 1872. '

5) Voir supra, p. 51. Jordanis (c. 53) les distingue encore : - Rcgio Sua- 1

dans toute sa partie orientale. A l'ouest, les Alemanes sétendaient au*delà du Rhin jusqu'à la chaîne des Vosges, dans le territoire qui a pris de bonne heure le nom particulier d'Alsace*.

Sur leur frontière des Vosges, les Alemanes étaient en contact avec les Francs et ne tardèrent pas à entrer en lutte avec eux. La victoire de Clovis sur les Alemanes* fut le point de départ de leur soumission (A** 496). Néanmoins toas les Alemanes ne furent pas soumis en même temps. Une fraction se plaça sous la protection du puissant roi des OstGoths, Theoderic le Grand. La domination de Clovis ne s'étendit guère au-delà du Rhin. L'ancienne province de Rhétie fut réunie à l'Italie sous Tautorité des Ost-Goths^. Mais après la mort de Theoderic et surtout durant la guerre gothique, les Francs ne manquèrent pas l'occasion d'achever la soumission des Alemanes.

C'est la branche aînée des Mérovingiens qui bénéficia seule de cette conquête. Elle était alors représentée par le fils de Theuderic, Theudebert P^ qui semble avoir été, après Clovis, le plus ^rand des Mérovingiens^. Ce que Clovis avait été pour la Gaule, Theudebert le fut pour la Germanie, sur laquelle sa domination s'étendit jusqu'aux Alpes. Il ouvrit son règne par cette conquête de la Rhétie (A*^ 534).

La soumission des Alemanes entraîna celle des Bavarois. Le nom de Bavarois apparaît pour la première fois dans des textes du vi® siècle^. Non seulement leur nom est récent;

voniiD ab oriente Baîvaros habet, ab occidente Francos, a meridie Burgundzoses, a eeptentrione Tharingos. Quibus Suavis juzicti adorant Alemani, ipsique Alpes Reticas omnino régentes, n

^i Le nom d'Alsace se rencontre pour la U® fois, dans Frédégaire, c. 37 : Alesaciones,

^) Sar répoque et l'étendue de la défaite des Alemanes, voir Vogel dans Sybel. Hist. Z. 1886, p. 385; Krusch, iV. Archiv, vol. Xlï p. 289.

') Voir la Formula ducatus Reiiarum dans les Varia de Cassiodore^ VII. DO 4.

^; Voir son portrait dans Agathias (I. 4), qui est contemporain; son éloge par l'évc^que d'Arles, n° 10 des Epistolae Austras.

'"] Dans Jordanis, texte cité ci-defsus.

mais ils étaient alors des nouveau-venus aussi dans le pays qu ils occupent entre le Danube et les Alpes. C'est avec eux, en effet, que la race germanique franchit définitivement la barrière romaine du Danube et que le nom de Germanie a •été prolongé au moyen âge jusqu'aux sommets des Alpes. Auparavant ce territoire formait la province romaine du Norique, dont les habitants, Celtes d'origine, étaient devenus Romains par leur civilisation. Ce territoire, situé sur le passage des peuples barbares, eut beaucoup à souffrir de leurs invasions. Il s'y forma un mélange des tribus les plus diverses', mais où dominent les Marcomans et les Quades. €'est ainsi qu'on explique ce nom de Bavarois, qui est dérivé du nom d'un peuple celtique, celui des Boïens^, Le nom de Bojohemum était resté au pays occupé en dernier lieu par les Marcomans : le nom de Bojovarii fut donné aux habitants provenant de cette contrée. Quant aux provinciaux romains, qui habitaient le Norique, après la chute de l'empire d'Occident, ils se replièrent sur l'Italie, où Odoacre 4eur offrit un refuge^. Pourtant quelques communautés chrétiennes doivent s'y être maintenues. Car, lorsqu'il est question pour la première fois de la dynastie bavaroise des Agilolfings, au vi* siècle, cette dynastie était déjà catholique : c'est le duc Garibald, le père de la célèbre reine des Langobards, Theodelinde. On ignore comment cette dynastie en vint à reconnaître la suprématie des Mérovingiens, soit par une soumission forcée, soit par une alliance volontaire. En tout cas, à la différence des autres nations •de la Germanie transrhénane, les Bavarois ont toujours <x)nservé leurs ducs nationaux. Cette soumission des Bavarois était un fait accompli^, lorsque les Francs, poursuivant

^) n y a quatre ou cinq sjstômes sur Torigine ethnique des Bavarois, qui a donné lieu À une nombreuse littérature : voir le répertoire de Krones, Grundriuder Œsterreich, GeschichU, Vienne, 1882, p. 142.

s) Supra, p. 4.

3) Supra, p. 99.

^) Dans le vol. HI des Epistolab, série in-4* de Pertz, n<* 20 des EpistoUM Austras., où Theodebert se vante de dominer Jusqu'à la frontière de la Pan- Aonie, ce qui implique la soumission des Bavarois, situés en-deçà de cette frontière.

leurs conquêtes, franchirent les Alpes pour porter leurs armes en Italie.

Le moment semblait bien choisi : les Impériaux et les Goths s y fesaient la guerre. Theudebert s'y ouvrit un passage, en promettant son alliance à chacun des belligérants ' . Une fois en Italie, il se retourna contre ses soi-disant alliés et battit les Goths d'abord, les Romains ensuite. Une maladie qui sévit dans son armée, arrêta seule le cours de ses succès'. Laissant en Italie ses généraux, il reprit ses négociations avec les Goths et força leur roi Vitigès à lui céder une grande partie de la Cisalpine entre les Alpes et TAdriatique (A® 539). Cette campagne lui valut en outre un butin considérable, et il en méditait d'autres lorsqu*iI mourut'. Il est le premier Mérovingien, qui battit monnaie dor à son eflSgie*, et il s y arrogeait le titre d' Auguste (A^ 548). Il ne laissait comme héritier qu'un enfant incapable, Theudebald ou Thibaud', qui abandonna la conduite de la guerre à ses généraux. Deux frères, Leuthaire et Bucelin, de la nation des Alemanes, recrutèrent, tant chez, ceux-ci que chez les Francs, une armée imposante de 75,000 hommes, avec laquelle ils ravagèrent l'Italie depuis la Cisalpine jusque dans la Campanie (A*" 552). L'année suivante, eut lieu la bataille du Volturne, où le général romain, Narsès, anéantit l'armée de Bucelin (A*" 553)*.

0 Voir, dans les Epùrtolae (ib.) deux lettres (h« 19 et 20) de Theudebert à Jastinieo.

') Sur cette guerre, les mieux informés sont les Byzantins, Procope H, 25, IV, 35 et Agathias I, 15-11, 5. Viennent ensuite Marias (A® 530); Grégoire de Tours III, 32; plus récent, Paul Warnefried, Hist. Langob.U, 2.

') Marins (A® 548) : • Eo anno Theudebert us rex magnus Francorum obiit. » Sur les cœurs de sa mort, il y a deux versions, celle d*Agathias, qui est contemporaine (I, 4), et celle très différente de Gregor. Tur. III, 36.

^) Le fait n*est pas seulement connu par Procope, III, 33; il est constaté par la numismatique. Deloche, Mémoires sur les monnaies d'or au nom du roi Theodedert !•'. Académie des Inscr. tome 32, l"** partie (Paris, 1880), '<i' partie (Paris, 1891).

') Epistolae Austras. n» 18, lettre de Theudebald à Justinien.

*) Agathias IL 5, où il y a une description de cette bataille, très impor— tsDte pour l'histoire nfilitaire du temps.

Cette défaite mit lia pour un temps aux entreprises des Francs en Italie. Quelques années plus tard mourut sans postérité le roi Theudebaid (A® 555), avec lequel s'éteignait la branche aînée des Mérovingiens.

Ce fut le chef de la branche cadette, Clotaire 1^"*, qui recueillit l'héritage de Theudebaid; il y joignit le royaume de son frère Childebert, lorsque celui-ci vint à mourir trois ans après, sans laisser non plus de postérité (A°558)'. Clotaire l""" se trouva ainsi, sur la fin de son règne, seul maître d'un royaume immense qui comprenait à la fois la Gaule et la plus grande partie de la Germanie. Devenu voisin des Saxons, il essaya de les soumettre aussi; mais les Saxons conservèrent leur indépendance, tout en consentant à fournir aux Francs un tribut annuel de 500 vaches*. Avant de mourir, Clotaire I" eut encore à combattre contre son propre fils aîné, Chramm, qui expia cette rébellion impie par un châtiment cruel, brûlé vif avec femme et enfants (A** 560)^. En mourant, Clotaire laissait quatre autres fils, qui devaient se partager sa succession (A** 561).

ï) Marius (A» 558). Agathias, II, 14. Gregor. IV, -20. «) Marius (A'' 556). Gregor. IV, U-i7.

3) Marius (A° 560). Gregor. IV, 20. Cet épisode de Chiamra est bien exposé dans Fauriel, Gaule me'rid. H. p. 146.

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