CONVERSION DES SUÈVES ET DKS VISIGOTHS
Si Léandre de SéviUe. Leovigild et Herménegild.
Sous la domination de ces rois ariens, les évéques catholiques d'Espagne navaient pas cessé d*étre traités en suspects ; les conciles ne se réunissaient qu'avec difficulté, et s'il y eut quelques conversions individuelles parmi lesOoths^ les apostasies parmi les Romains, même dans le haut clergé', n'étaient pas rares non plus. La position des catholiques commença à s'améliorer à la suite des alliances de leurs souverains avec la dynastie catholique des Francs^, grâce aussi à l'exemple donné par la conversion des Suèves, enfin par l'appui qu'apportait au clergé le rétablissement de la domination impériale dans le midi de l'Espagne. Carthagène était le centre de cette domination. C'est de là que sont sortis St Léandre, d'abord moine, puis évéque de SéviUe, et ses deux frères, St Fulgence et St Isidore, celui-ci son successeur sur le même siège. Une tradition^ leur donne pour sœur
^) Le chroniqueur Jean de Biclar et Tarchevéque Mausone de Mérida étaient Goths d'origine.
*) • Sicut Vincentium Caesarangastnm, de episcopo apostatam'factum «. Isidore, p. 288.
*) Voici la parenté de ces rois Visigoths et leurs alliances : Severianus X Athanagild t ôô7 Glotaire I"**
dac (?) de Carthagène ^ Gosvinthe f 588 f 56 1
Théodosie = Laovigild Linwa I*** Brunehilde = Sigebert I***
Reccared V Herménegild =« Ingunde Childebert H teOl t585 I t585 t596
I Athanagild,
lÔDwa n ta Constantinopie.
t603 ^) D'après un Isidorus interpolalus : » Theodosia filia Severiani ducis carthaginensis ». Cette première femme de Leovigild est anonyme dans les textes contemporains de Grégoire de Tours (IV, 38; : « duos fîlios de prima coDjuge II, et de Jean de Biclar (p. 213) : • duos filios su os ex amissa conJQge «. St Léandre ne cite pas cette sœur en parlant de sa famille dans sa Régula ad FloreniiiMm, St Isidore (De viris illustribus c. 41) nomme
Théodosie, la première femme du roi Leovigild et mère des princes Herménegild et Reccared. En tout cas elle mourut jeune et fut sans influence sur la conversion de ceux-ci, qui fut Tœuvre de St Léandre, voici dans quelles circonstances. Après la mort d*Athanagild, suivie d*un interrègne de six mois, les Gotbs de la Septimanie offrirent la couronne à leur gouverneur Liuwa (A^ 568), qui était frère de Leovigild. Liuwa conserva sa résidence à Narbonne, et, pour se concilier les Gotbs de l'Espagne, il partagea son royaume avec son frère et Ten laissa seul maître par sa mort précoce (A9 572). Leovigild fut Tun des grands souverains de TEspagne gotbique^ 11 consolida son pouvoir au debors par des guerres beureuses contre les Basques de la Cantabrie', contre les Impériaux, qu*il refoula dans les ports du littoral; a.u dedans par son énergie à reprimer les factions des grands «t par le prestige dont il se plut à entourer sa personne royale, ne recevant ses sujets quassis sur un trône et revêtu de la pourpre^. 11 fit aussi recueillir les lois des Visigotbs. Après avoir affermi son pouvoir, il aspirait à le transmettre dans sa famille. Il associa de son vivant à la couronne ses deux fils, Herménegild et Reccared. Il allia sa maison avec la maison royale des Francs, en fesant ■épouser par son aîné la fille du roi Sigebert P', Ingunde, qui avait pour mère Brunebilde et pour grand*mère Gosvintbe, la veuve d'Atbanagild*. Leovigild, veuf de son côté, épousa lui-même cette dernière, afin d'accroître encore le nombre de ses partisans^. Mais Gosvintbe était une
leur père, • Leander genitus Seoeriano CaKhagineDsis provinciae •>, mais sans le qualifier de gouverneur. Pour la critique de cette tradition, cfr Dahn, Kônige vol. V. AppeDdice. Gôrres, Ûber die Anfànge des K. Leocigild, dans les Porschungbn XII (1872), p. 593.
<) Biclar (p. 212) et Isidore (p. 287) font son éloge comme restaurateur de la puissance des Visigoths.
3) Isidore, p. 287 : • Primus inter suos regali veste opertus solio resedit; nam ante eum et habitus et consessus communis ut populo ita et regibus -^rat •.
*) Gregor. Turon. IV, 38.
5) Biclar, p. 213. Gregor. Tur. ib.